Mal-logement : la situation continue de se dégrader selon un rapport

 Mal-logement : la situation continue de se dégrader selon un rapport

Selon le rapport de Fondation pour le logement des Défavorisés (2026), environ 600 000 personnes sont hébergées chez des proches de manière contrainte. Crédit photo : Le Courrier de l’Atlas

Un nouveau rapport sur le mal-logement en France révèle l’aggravation d’une situation déjà compliquée. Le seul espoir d’amélioration repose sur une nécessaire volonté politique.

En 2026, 2,9 millions de demandeurs sont en attente d’une réponse à une demande de logement social. Les chances d’en obtenir sont historiquement basses.

 

350 000 personnes sont sans domicile contre 143 000 en 2012. 2 637 enfants sont sans solutions d’hébergement.

 

Les chiffres du 31ème rapport sur « l’état du mal-logement en France », publié hier (3 février), sont effarants. Et selon la Fondation pour le logement des Défavorisés, les nombreux désaccords au sein du Parlement n’ont pas aidé à améliorer la situation :

« les interminables débats budgétaires ont notamment conduit à des coupes dans les APL, et au désengagement de l’État dans la rénovation énergétique et l’hébergement ».

Phénomène « invisible »

Le rapport a également permis d’identifier un phénomène grandissant. Environ 600 000 personnes sont hébergées chez des proches de manière contrainte.

« Invisible, cette forme de mal-logement repose sur la seule solidarité familiale ou amicale et entraîne des conséquences parfois graves pour les hébergés, mais aussi pour ceux qui les accueillent », précise le rapport.

Les personnes les plus touchées par cette contrainte sont en majorité des jeunes, des familles monoparentales ou encore des personnes migrantes ou ayant de faibles ressources, selon la Fondation pour le logement des Défavorisés.

Par ailleurs, cette dernière pointe le fait que les hébergées « n’ont ni sécurité résidentielle ni autonomie et sont exposées à la violence et à l’exploitation ».

Municipales

Selon le rapport, la lutte contre le mal-logement ne pourra pas se faire sans une politique volontaire, sans une action publique cohérente.

Dans un contexte actuel compliqué, la Fondation pour le logement des Défavorisés veut rester optimiste : « de nombreuses communes ont montré qu’une action volontariste sur le front du logement porte ses fruits, que ce soit grâce à l’encadrement des loyers, ou en adoptant une politique de construction équilibrée et ambitieuse ».

Toutefois, la fondation alerte quant aux conséquences d’une éventuelle poussée des partis d’extrême-droite : « La montée en puissance des idées d’extrême droite constitue une menace pour les personnes mal-logées, à travers la réduction du logement social ou des pratiques discriminatoires, et un danger de voir se démultiplier les personnes exclues ou à la rue ».