Le sort de l’enquête sur la mort d’Adama Traoré fixé en cassation

 Le sort de l’enquête sur la mort d’Adama Traoré fixé en cassation

Assa Traoré à Montreuil le 4 février 2026, alors que la Cour de cassation doit se prononcer sur le non-lieu dans l’enquête sur la mort d’Adama Traoré. (Photo Thomas SAMSON / AFP)

La plus haute juridiction doit se prononcer sur le non-lieu rendu dans ce dossier emblématique des accusations de violences racistes contre les forces de l’ordre.

 

Près de dix ans après la mort d’Adama Traoré dans une gendarmerie du Val-d’Oise, sa famille a saisi la Cour de cassation pour tenter de faire annuler ce non-lieu, prononcé en août 2023 et confirmé en mai 2025 en appel.

La décision sera rendue mercredi, le comité « Vérité pour Adama » a appelé à se rassembler à l’occasion de ce délibéré très attendu.

« Coup de chaleur »

Les trois gendarmes qui ont menotté Adama Traoré dans un appartement à Beaumont-sur-Oise le 19 juillet 2016 ont bénéficié d’un non-lieu. Le jeune homme noir de 24 ans est décédé deux heures après, dans la caserne voisine de Persan.

Dans cette affaire, la cour d’appel a finalement considéré que les gestes des gendarmes ont contribué à la mort, mais sont restés dans le cadre de la loi.

La mort du jeune homme a été causée par un « coup de chaleur » qui n’aurait toutefois « probablement » pas été mortel sans l’interpellation des gendarmes, ont tranché les magistrats.

Mais dans leur pourvoi, les proches d’Adama Traoré reprochent à la justice de ne jamais avoir procédé à une reconstitution dans ce dossier, malgré leurs demandes.

Relancer l’enquête

Les proches accusent en effet les militaires d’avoir causé la mort d’Adama par leurs gestes lors de l’interpellation et ensuite de n’avoir pas porté secours au jeune homme qui avait fait un malaise dans leur véhicule et qui avait été laissé menotté jusqu’à l’arrivée des pompiers.

Si la Cour de cassation leur donne raison, elle pourrait annuler le non-lieu et relancer l’enquête.