« Exil » de Mehdi Hmili : le cinéma tunisien décroche le Grand Prix à Tétouan

Réalisé par Mehdi Hmili, Exil plonge dans une aciérie tunisienne où la mort d’un ouvrier déclenche une quête de vérité et de justice.
Le long-métrage tunisien Exil (Ightirab), réalisé par Mehdi Hmili, a remporté le Grand Prix Tamouda et le prix de la critique Mustapha Mesnaoui au 31ᵉ Festival de cinéma méditerranéen de Tétouan, au Maroc. Une double distinction pour un film ancré dans le monde ouvrier.
En bref
- Deux prix à Tétouan. Exil remporte le Grand Prix Tamouda et le prix de la critique Mustapha Mesnaoui.
- Un récit social. Le film suit un ouvrier sidérurgiste en quête de vérité après la mort de son ami.
- Une coproduction internationale. Le long-métrage associe la Tunisie, le Luxembourg, la France, le Qatar et l’Arabie saoudite.
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Un doublé pour un film tunisien
Le palmarès a été dévoilé samedi 10 octobre, lors de la clôture du Festival de cinéma méditerranéen de Tétouan. Organisée du 3 au 10 octobre, cette 31ᵉ édition a réuni des films de plusieurs pays du bassin méditerranéen.
Le jury de la compétition officielle a distingué Exil pour sa construction dramatique et son regard sur les tensions dans le monde du travail. Le prix de la critique Mustapha Mesnaoui vient compléter ce double sacre.
D’autres films ont également été récompensés. Le prix spécial du jury Mohamed Reggab est revenu au film français Les Survivants du Che, de Christophe Dimitri Reveille. Le prix de la première œuvre Azzedine Meddour a été attribué au film italien Ô mon cœur, de Margherita Spampinato. Les acteurs marocains Omar Lotfi et Safaa Khatimi ont, quant à eux, été distingués pour leurs rôles dans Mira, de Nour-Eddine Lakhmari.
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Dans les coulisses d’une aciérie
Réalisé par Mehdi Hmili, Exil s’inspire de faits réels. Le film suit Mohamed, un ouvrier sidérurgiste incarné par Ghanem Zrelli. Après un accident dans une aciérie qui coûte la vie à son ami Adel, il cherche à comprendre les circonstances du drame.
Son enquête se transforme peu à peu en quête de vérité et de vengeance. Le récit dévoile la pénibilité du travail et la vulnérabilité des ouvriers face aux décisions de leurs employeurs.
L’aciérie devient bien plus qu’un décor. Dans cet univers de bruit, de métal et de violence, le quotidien des travailleurs révèle les rapports de force qui traversent le monde industriel.

Mehdi Hmili, un cinéma de la confrontation
Avec Exil, Mehdi Hmili poursuit une œuvre attentive aux fractures sociales et aux destins individuels. Le réalisateur tunisien s’était déjà fait remarquer avec Thala mon amour (2016), puis Amel et les fauves (2022).
Son troisième long-métrage mêle chronique sociale, thriller et enquête personnelle. La puissance visuelle de l’univers industriel accompagne la colère d’un homme confronté à un système où les intérêts économiques pèsent sur la recherche de vérité.
Produit par Moufida Fedhila et Mehdi Hmili, le film est une coproduction entre la Tunisie, le Luxembourg, la France, le Qatar et l’Arabie saoudite.
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Tétouan, un carrefour du cinéma méditerranéen
Au-delà de la compétition, le Festival de cinéma méditerranéen de Tétouan entend rapprocher les cinéastes des deux rives. Il constitue un lieu de circulation des œuvres et de rencontres entre professionnels, tout en offrant une vitrine aux films qui explorent les réalités sociales, politiques et culturelles de la région.
Le double prix décerné à Exil illustre donc cette vocation : faire dialoguer les cinématographies méditerranéennes et donner une place aux récits qui interrogent nos sociétés contemporaines.

