Affaire de l’imam Mahjoubi : fermeture de la mosquée confirmée en appel

Imam Mahjoub Mahjoubi (Photo : FETHI BELAID / AFP)
La cour d’appel de Nîmes a confirmé la fermeture de la mosquée de Bagnols-sur-Cèze (Gard), deux ans après l’expulsion de l’imam Mahjoubi pour avoir tenu des prêches radicaux.
Jeudi (15 janvier), la chambre civile de la cour d’appel de Nîmes rendait sa décision. L’association des musulmans du Gard rhodanien (AMGR), locataire d’une salle communale abritant la mosquée At Tawba à Bagnols-sur-Cèze, a vu son bail résilié.
« Par décision de justice rendue ce jour, faisant suite à l’expulsion du territoire français de l’imam tunisien Mahjoub Mahjoubi en février 2024, la fermeture de la mosquée At-Tawba a été confirmée, ainsi que la résiliation unilatérale du bail emphytéotique liant la Ville de Bagnols-sur-Cèze à l’Association des musulmans du Gard rhodanien délibérée en conseil municipal », confirmait le cabinet du maire via un communiqué (15 janvier).
Expulsion
Le 22 février 2024, l’imam Mahjoub Mahjoubi, visé par une enquête pour apologie du terrorisme et des prêches radicaux, était interpellé à son domicile de Bagnols-sur-Cèze. Il était expulsé le soir même vers son pays d’origine, la Tunisie.
Quelques jours auparavant, la publication d’une vidéo sur les réseaux créait la polémique. L’imam y qualifiait le « drapeau tricolore » de « satanique », un drapeau qui n’aurait « aucune valeur auprès d’Allah ».
En mars 2025, le tribunal administratif de Nîmes avait notifié à l’AMGR la fermeture de la mosquée dans un délai de six mois. L’association avait fait appel de la décision.
Renouer le dialogue
La décision a donc été confirmée par la cour d’appel et l’AMGR a désormais douze mois pour quitter la salle communale.
« Cette décision évite les conséquences d’une expulsion immédiate avec toute la brutalité que cela peut comporter (…) Cela permet également à mes clients de se retourner pour trouver une solution, c’est-à-dire un nouveau lieu de culte pour les fidèles de leur mosquée », réagissait Me Philippe Licini, avocat de l’association des musulmans du Gard rhodanien.
Par ailleurs, ce dernier fait part d’une volonté de normalisation de la situation : « c’est aussi, peut-être, le temps adapté pour une reprise d’un dialogue apaisé avec la municipalité de Bagnols-sur-Cèze. (…) C’est dans ce sens qu’ils s’activent pour trouver une autre salle, ce qui n’a rien d’évident ».
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