Algérie : A. Tebboune reste ferme sur le retour des OQTF

Photo : Ludovic MARIN / AFP
Le président algérien maintient sa position concernant le blocage des retours des ressortissants algériens sous OQTF. Pour ce dernier, c’est le « problème » des pays d’accueil.
« Celui qui veut humilier ou ridiculiser l’Algérie n’est pas encore né », clamait fièrement Abdelmadjid Tebboune lors d’une conférence de presse tenue samedi (7 février). Le président algérien était interrogé sur la question de la gestion du retour des ressortissants algériens sous obligation de quitter le territoire français (OQTF).
L’Algérie refuse de délivrer des laissez-passer consulaires qui leur permettraient de retourner sur leur terre natale. Cette question alimente toujours les tensions entre Paris et Alger, surtout depuis le passage de Bruno Retailleau au poste de ministre de l’Intérieur (septembre 2024 – octobre 2025).
« Pour les OQTF, nous les avons refusées à un ministre parce qu’il se permettait de prendre des Algériens, que j’ai juré de protéger, de les mettre dans un avion et de les renvoyer en Algérie », expliquait samedi le président algérien.
Respect des droits
Par ailleurs, Abdelmadjid Tebboune a également tenu à rappeler que ces ressortissants algériens sous OQTF, qui vivent en France « depuis 10 à 15 ans », ont des droits qui doivent être respectés. Il a ensuite jugé bon de détailler la procédure en vigueur :
« Si la justice ordonne leur expulsion, il y a un recours. Nous avons des accords qui régissent cela. L’Algérie doit être informée, le consul doit rendre visite à la personne frappée d’une OQTF… Si tout est en règle, il signe le laissez-passer. »
Conditions
Mardi dernier (5 février), Laurent Nuñez, successeur de Bruno Retailleau au poste de ministre de l’Intérieur, s’était dit ouvert à une visite en Algérie, mais sous certaines conditions.
« Nous avons posé des conditions minimalistes (…) Nous avons demandé qu’il y ait de nouveau des délivrances de laissez-passer et que les étrangers algériens en situation irrégulière puissent être de nouveau accueillis, qu’au moins le flux puisse se réamorcer », a insisté l’ex-préfet de police de Paris.
Ce dernier a toutefois laissé la porte ouverte à une désescalade rapide des tensions :
« J’ai bon espoir, je sais que j’irai (…) On ne peut pas continuer à être dans cette absence de relations. D’ailleurs, les discussions techniques sécuritaires ont repris. »
Par ailleurs, Laurent Nuñez a rappelé que la France restait également focalisée sur la libération de Christophe Gleizes.
