CAN2025. Échec cuisant de la Tunisie en huitièmes : Quelles conséquences pour Sami Trabelsi ?

La Tunisie a vécu une soirée de désillusion lors des huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, disputés samedi au Stade Mohammed V de Casablanca, en étant éliminée par le Mali après une séance de tirs au but cruelle (3-2), à l’issue d’un match nul (1-1) au terme du temps réglementaire et des prolongations, dans une rencontre à rebondissements aussi folle qu’anxiogène pour les supporters. Le coach tunisien est déjà donné pour partant.
Malgré un contexte presque idéal — les Maliens ont terminé à dix dès la 26ᵉ minute suite à l’expulsion de Woyo Coulibaly — les Aigles de Carthage n’ont pas su concrétiser leur supériorité numérique pendant plus d’une centaine de minutes. Une situation jugée « inacceptable » par la plupart des analystes, la Tunisie quittant la compétition par la petite porte des huitièmes de finale.
Le match s’est emballé tardivement : alors que le score restait vierge, Firas Chaouat a donné l’avantage à la Tunisie à la 88ᵉ minute, exploitant de la tête une occasion à la suite d’un centre d’Elias Saad. Mais dans le temps additionnel, un penalty accordé pour une main de Yassine Meriah dans la surface a permis à Lassine Sinayoko d’égaliser pour le Mali, forçant les prolongations puis les tirs au but, où le gardien malien Djigui Diarra a été décisif.
La prestation tunisienne a été marquée par une domination territoriale et des occasions non converties, ce qui a renforcé le sentiment d’opportunité manquée face à une équipe adverse réduite à dix. Les critiques se sont focalisées sur le manque de sang-froid dans les moments clés, la gestion du score et l’inefficacité lors de la séance de tirs au but.
Le couperet tombe
Les conséquences ont été immédiates pour le staff technique : la Fédération tunisienne de football au board fraîchement élu a annoncé le départ du sélectionneur Sami Trabelsi et de tout son encadrement, mettant fin à son contrat par « consentement mutuel ». Cette décision, prise dans les 24 heures suivant l’élimination, reflète la frustration généralisée autour des performances de l’équipe, jugées insuffisantes au regard des ambitions du pays.
Arrivé en février 2025 pour un second passage à la tête de la sélection après une première période réussie dans les années 2010, Trabelsi avait connu une phase de qualification solide pour la CAN mais a vu son parcours s’achever prématurément malgré une phase de groupes correcte. Cet échec relance le débat sur l’avenir du projet sportif tunisien, les options de coaching à l’international et la nécessité d’un renouveau pour répondre aux aspirations des supporters et des observateurs.
L’élimination dès les huitièmes de finale, contre une équipe malienne loin de son meilleur niveau, a été vécue comme un revers majeur pour la Tunisie et un traumatisme durable pour les Tunisiens, entraînant dans la foulée la fin de l’ère Trabelsi et ouvrant une période de réflexion sur les choix techniques et stratégiques futurs de la sélection. Connu pour son franc-parler, Hannibal Mejbri a déclaré que le football tunisien « manque de tout » en termes de moyens, signe que tout reste à reconstruire en vue de se racheter à temps dès cet été pour le Mondial.
