CAN 2025 : le Maroc s’accroche à son rêve continental

 CAN 2025 : le Maroc s’accroche à son rêve continental

L’attaquant marocain n°10, Brahim Diaz, marque le but de la victoire du Maroc lors du match des huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) face à la Tanzanie, au stade Prince Moulay Abdallah à Rabat, le 4 janvier 2026. SEBASTIEN BOZON / AFP

Les Lions de l’Atlas avancent, parfois à pas comptés, mais avancent toujours. Pays hôte et grand favori de la CAN 2025, le Maroc a validé son billet pour les quarts de finale en venant à bout d’une accrocheuse équipe de Tanzanie, dimanche 4 janvier à Rabat (1-0). Une victoire étriquée, laborieuse, mais ô combien précieuse dans une compétition où seule la survie compte.

Dans un stade acquis à sa cause, le royaume chérifien a longtemps douté. Dominant dans le jeu, souverain dans la possession, le Maroc s’est pourtant heurté à une Tanzanie sans complexe, disciplinée et dangereuse en contre. Dès la 3e minute, Saimon Msuva faisait frissonner les tribunes, rappelant aux Marocains les traumatismes encore frais de l’édition 2023, quittée prématurément dès les huitièmes de finale.

Malmenés, parfois maladroits, les hommes de Walid Regragui ont peiné à transformer leur supériorité en occasions nettes. Il a fallu attendre l’éclair de Brahim Diaz pour que la nuit se déchire enfin. À la 60e minute, le joueur du Real Madrid, déjà décisif tout au long du tournoi, a surgi dans un angle fermé pour décocher une frappe imparable, après une combinaison avec Achraf Hakimi. Son quatrième but de la compétition, synonyme de délivrance pour tout un peuple.

Hakimi, justement, titularisé pour la première fois dans cette CAN, a incarné ce leadership attendu dans les moments clés. Capitaine exemplaire, il n’a manqué que la réussite pour être le héros total de la soirée, son coup franc venant s’écraser sur la transversale quelques minutes plus tôt. Un symbole d’un match où le Maroc a souvent flirté avec la frustration.

Car la qualification aurait pu basculer dans le temps additionnel. Sur un contact plus que litigieux entre Adam Masina et Iddy Seleman Nado, la Tanzanie a réclamé un penalty qui aurait pu changer le cours de l’histoire. L’arbitrage vidéo est resté silencieux, laissant Rabat exploser de soulagement au coup de sifflet final.

Sous pression depuis le premier jour de cette CAN organisée à domicile, le Maroc poursuit sa marche, conscient que chaque tour sera plus exigeant que le précédent. En atteignant les quarts de finale, les Lions de l’Atlas font déjà mieux que lors de la précédente édition, mais l’ambition est ailleurs. Cinquante ans après leur unique sacre continental, les Marocains rêvent de renouer avec l’histoire.

Prochaine étape : un quart de finale face au Cameroun ou à l’Afrique du Sud. Un obstacle de taille, quel qu’il soit. Mais à ce stade de la compétition, le Maroc sait qu’il ne s’agit plus seulement de bien jouer. Il s’agit de gagner, coûte que coûte. Et de continuer à faire rugir l’Atlas.

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.