Hot Maroc en finale à Pise : la littérature marocaine s’offre une nouvelle consécration internationale

 Hot Maroc en finale à Pise : la littérature marocaine s’offre une nouvelle consécration internationale

Le roman Hot Maroc de Yassin Adnan continue d’accumuler les distinctions à l’international

Le roman de Yassin Adnan « Hot Maroc », poursuit son parcours à l’étranger. Sa traduction italienne figure parmi les trois finalistes du Pisa Book Translation Awards 2026, un prix qui récompense l’excellence de la traduction littéraire en Italie.

Une finale qui consacre autant le traducteur que le romancier

Le roman Hot Maroc de Yassin Adnan continue d’accumuler les distinctions à l’international. Sa traduction italienne, réalisée par Antonino D’Esposito, vient d’être sélectionnée par le Pisa Book Translation Awards 2026, dont le lauréat sera dévoilé le 3 octobre, à l’occasion du Pisa Book Festival.

Créé en 2021, ce prix distingue chaque année les meilleures traductions d’œuvres étrangères publiées en Italie. Organisé dans le cadre du Pisa Book Festival, en partenariat avec le département de philosophie, littérature et linguistique de l’Université de Pise, il entend promouvoir la littérature mondiale traduite en italien, tout en valorisant un métier souvent relégué dans l’ombre : celui des traducteurs.

Pour sa sixième édition, le jury a retenu trois romans issus de trois univers différents.

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Les trois finalistes 2026 :

  • Hot Maroc, de Yassin Adnan, traduit de l’arabe par Antonino D’Esposito (Del Vecchio Editore)
  • L’Impossible retour, d’Amélie Nothomb, traduit du français par Federica Di Lella
  • Ghost Town, du romancier taïwanais Kevin Chen, traduit du chinois par Silvia Pozzi

Selon les organisateurs, il s’agit du premier roman arabe à intégrer la short liste du Pisa Book Translation Awards depuis la création de la récompense.

Un roman qui accumule les distinctions

Publié en arabe en 2016, Hot Maroc s’est rapidement imposé comme l’un des romans marocains les plus remarqués de ces dernières années.

Son parcours en quelques dates :

  • publication en arabe en 2016 ;
  • présélection au International Prize for Arabic Fiction (IPAF), souvent surnommé le « Booker arabe » ;
  • traduction française chez Actes Sud / Sindbad, par France Meyer ;
  • sélection au Prix Caméléon de l’Université Jean-Moulin Lyon 3 pour sa traduction française ;
  • traduction anglaise, saluée par la critique internationale ;
  • sélection au Banipal Prize, qui récompense les traductions de littérature arabe vers l’anglais ;
  • publication en italien en 2025 chez Del Vecchio Editore ;
  • sélection au Premio Acerbi en Italie ;
  • aujourd’hui finaliste du Pisa Book Translation Awards.

Les réseaux sociaux comme matière romanesque

À travers son personnage principal, Rahhal Laâouina, surnommé « L’Écureuil », Yassin Adnan plonge le lecteur dans le Marrakech contemporain. Le roman suit l’ascension de ce jeune homme devenu une célébrité des réseaux sociaux, tout en dressant un portrait acéré d’une société marocaine en pleine mutation, où le numérique bouleverse les rapports sociaux, les ambitions et les identités.

Le roman mêle réalisme social, satire et chronique du quotidien, tout en questionnant la frontière de plus en plus poreuse entre vie réelle et existence virtuelle.

L’une de ses grandes singularités réside dans son écriture. Yassin Adnan fait cohabiter l’arabe classique, la darija marocaine et le langage propre aux réseaux sociaux, composant une langue vivante qui reflète la diversité du Maroc d’aujourd’hui.

 « En littérature, il n’y a pas de VAR »

Fidèle à son humour, Yassin Adnan a accueilli la nouvelle sur Facebook en établissant un parallèle avec le parcours des Lions de l’Atlas à la Coupe du monde.

« Après la qualification du Maroc pour les quarts de finale (…), il y a une autre qualification que je suis heureux de vous annoncer… »

L’écrivain souligne ensuite que son roman devra désormais affronter « deux poids lourds » de la littérature mondiale, avant de conclure avec une formule qui a beaucoup circulé : « En littérature, il n’y a pas de VAR. »

Cette présence en finale illustre la visibilité croissante de la littérature marocaine sur les marchés internationaux. Elle rappelle aussi que derrière chaque roman qui voyage se trouve un traducteur dont le travail est déterminant. À Pise, c’est autant Hot Maroc que sa traduction italienne qui sont aujourd’hui distingués.

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Hella Habib

Journaliste culturelle et politique, a dirigé le magazine Maison & Jasmin, consacré à l’architecture et à l’art, avant d’occuper des fonctions de rédaction en chef au sein du quotidien La Presse de Tunisie. Journaliste au Courrier de l’Atlas.