Ce qu’il reste de nous : Une famille palestinienne face à 70 ans de conflit

 Ce qu’il reste de nous : Une famille palestinienne face à 70 ans de conflit

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Ce qu’il reste de nous raconte l’histoire de la Palestine moderne à travers la vie d’une famille sur plusieurs générations, dans ce film palestinien signé Cherien Dabis. Une fresque intime et politique qui explore les racines du conflit et la transmission de la mémoire.

Numéro 210 – Mars 2026

En Bref : Ce qu’il reste de nous retrace l’histoire de la Palestine à travers une famille sur trois générations. Cherien Dabis mêle intime et politique dans une fresque marquée par la mémoire et la transmission. Un film puissant sur l’héritage du conflit.

Au-delà du simple traitement de l’actualité, le cinéma palestinien se penche de plus en plus sur l’histoire de son pays. Mettre la réalité quotidienne en perspective sur le temps long devient une urgence. Dans ce film palestinien, il s’agit de raconter au plus grand nombre l’origine et les ressorts du conflit avec Israël. On l’a vu le mois dernier avec Palestine 36 d’Annemarie Jacir. C’est aussi l’ambition évidente du nouveau film de l’Américano-Palestinienne Cherien Dabis. Avec Ce qu’il reste de nous, elle livre une fresque à l’ampleur inédite.

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Ce qu’il reste de nous : douleur héréditaire

En retraçant l’histoire de la Palestine sur trois générations, de 1948 à nos jours, à travers un mélodrame d’une grande tenue, la réalisatrice signe peut-être l’œuvre la plus complète sur le sujet. Mais réduire Ce qu’il reste de nous à sa seule portée politique serait évidemment une erreur. Loin de tout didactisme, Ce qu’il reste de nous est d’abord une grande et bouleversante histoire familiale. Le film montre comment le temps, plus encore que l’occupation, fracture les êtres et rend la douleur héréditaire.

Dabis construit son film comme une mosaïque de temporalités. Chaque segment ressemble à un drame autonome. Mais tous s’imbriquent et se répondent, composant peu à peu l’archéologie affective de cette famille. Le récit revient régulièrement sur un chapitre situé en 1988, en pleine première Intifada. Cette matrice traumatique se répercute sur les enfants, qui grandissent sans avoir connu autre chose que la perte et la menace.

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La lettre d’un impossible retour

Cette narration fragmentée fait du souvenir un véritable dispositif de mise en scène. Le passé pèse constamment sur les décisions des personnages. Les parents tentent, avec une tendresse maladroite, de transmettre autre chose que la haine.

À mesure que le film progresse, la question évolue. Il ne s’agit plus de savoir ce qui est arrivé, mais de comprendre ce que les personnages en font. Ils bricolent une survie émotionnelle sur les ruines.

Il est d’ailleurs émouvant de voir que le passage de relais entre les générations se fait aussi à travers des acteurs issus de la même famille, les célèbres Bakri. Le patriarche Mohammad vient tout juste de s’éteindre.

De la même manière, Cherien Dabis, issue de la diaspora, se jette corps et âme dans son projet. Elle y tient l’un des rôles principaux. Le long-métrage, Ce qu’il reste de nous, se présente comme la lettre d’un impossible retour, adressée autant à ses ancêtres qu’à ses contemporains. Assurément l’un des films de l’année.

FAQ

De quoi parle Ce qu’il reste de nous ?
Le film retrace l’histoire de la Palestine à travers plusieurs générations d’une même famille, entre mémoire, transmission et conflit.

Qui est Cherien Dabis ?
Cherien Dabis est une réalisatrice américaine d’origine palestinienne, connue pour ses films mêlant récits intimes et enjeux politiques.

Pourquoi ce film est-il important ?
Il propose une approche sur le temps long du conflit israélo-palestinien, à travers une histoire familiale plutôt qu’un récit strictement politique.

Quel est le thème central du film ?
La transmission de la mémoire et la manière dont les traumatismes se perpétuent de génération en génération.