Cinéma.Frantz Fanon, hier, aujourd’hui

Hassane Mezine, réalisateur franco-algérien, auteur du film « Fanon Hier, Aujourd’hui ».

Hier 19 avril se tenait l’avant-première de la projection du film « Fanon Hier, Aujourd’hui », réalisé par le franco-algérien Hassane Mezine. Une projection privée, dans le 10ème arrondissement de Paris à laquelle nous avons pu assister. Malgré la chaleur de la journée, la salle affichait complet. Au terme du générique de fin, les spectateurs conquis ont applaudi pendant de longues minutes. 

C’est au lendemain de la projection que nous avons pu recueillir les confidences du réalisateur.

LCDA : Comment vous est venue l’idée de faire un film sur Frantz Fanon ?

HM : En 2015, un ami m’a confié trois interviews sur Fanon, qu’il avait réalisées. Il ne savait pas quoi en faire. Il me les a données et m’a laissé libre d’en faire ce que je voulais.

Pour ma part, j’avais lu Fanon, il y a plus de 15ans. Je connaissais son parcours et sa démarche, et je trouvais le sujet intéressant.

Selon moi Fanon est un héritage commun pour tous les peuples du Sud et toutes les personnes issues de l’immigration. Ce n’était pas seulement un militant, c’était aussi un médecin. De par ses écrits, il nous aide sur les voix de la guérison. 

Quel est l’objectif de ce film ?

Je voulais montrer que les luttes d’indépendance sont toujours d’actualité. Ces indépendances ne sont pas complètement acquises. Les descriptions de Fanon, hier, résonnent encore aujourd’hui, notamment dans les rapports de domination Nord-Sud.

Il y a également une visée pédagogique dans ma démarche. Il s’agit de démontrer que les problématiques que nous connaissons actuellement ne tombent pas du ciel.

L’intégration que l’on nous propose aujourd’hui, en essayant de nous dépourvoir de notre identité, s’apparente en quelques sorte à l’assimilation imposée pendant l’époque coloniale, et donc à une aliénation.

Pouvez-vous nous parler de la réalisation et des difficultés rencontrées ?

J 'ai mis trois ans à réaliser ce film. J’ai une activité à côté, par conséquent, je travaillais par intermittence. J’ai mené une campagne de crowfunding, qui m’a permis de mener ce projet à terme. Il faut savoir que le budget de ce film c’est 2/3 de crowfunding et un tiers de mes fonds personnels. Aujourd’hui l’idée c’est de trouver un distributeur.

Et le format…

Initialement j’avais dans l’idée un format de 52 minutes. Mais avec un sujet aussi dense que Fanon, il y a nécessairement des choses à développer. Finalement, le format plus long convient très bien.

Le fils de Frantz Fanon, Oliver, était présent lors de cette avant-première. Il intervient aussi directement dans le film. Comment a-t-il accueilli votre projet ?

Il a été partant dès le début. Je voulais faire du Fanon, lu par Fanon. C’était important pour moi. Il a accepté de prêter sa voix pour toutes les citations de son père.

Quels sont les premiers retours que vous avez eus, à l’issue de la projection?

Pour le moment je n’ai que des retours positifs. J’étais très content de voir des jeunes gens dans la salle. Pour moi c’est un outil pour la jeunesse.

Propos recueillis par Céline Beaury

Frantz Fanon est un psychiatre et essayiste français, né en 1925 en Martinique. Très impliqué dans la lutte pour l’indépendance algérienne, il est l'un des fondateurs de la pensée tiers-mondiste. Auteur des célèbres « Peaux noires, masques blancs », et « Les Damnés de la terre », il reste une référence du courant postcolonial. Il décède en 1961 des suites d’une leucémie à l’âge de 36 ans. Il sera enterré, à sa demande, en Algérie.

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