Danse.« Salam » : de Bouguenais à Ramallah

Hervé Maigret, fondateur et chorégraphe de la compagnie NGC 25 basée à Bouguenais.

Identité, frontières, terre, à travers la danse, le spectacle « Salam » interroge sur la situation palestinienne et sur des valeurs universelles.

Sensibiliser sur la question de la Palestine, de l'identité, de l'autre. Le spectacle de danse « Salam », comprenant deux danseurs palestiniens, présenté lors du festival Tissé Métisse (Nantes) s'attache à apporter un autre regard sur la situation palestinienne. Hervé Maigret, fondateur et chorégraphe de la compagnie NGC 25 créatrice de « Salam » et basée à Bouguenais, revient sur la genèse et le message de ce spectacle.

LCDL : Commet est né « Salam » ?

Hervé Maigret : En 2015, au moment des attentats, il y avait un climat compliqué avec des amalgames, la peur de l'autre, du communautarisme... La ville de Bouguenais m'avait repéré et m'explique qu'elle a une ville jumelée en Palestine, à Napta, mais qu'il fallait oublier la possibilité de créer quelque chose avec la ville palestinienne parce que c'était « politique ».

J'ai dit « non, on n'oublie pas » et nous avons commencé à construire quelque chose sur l'identité. Dans la danse, les différences enrichissent notre langage, notre gestuelle, notre travail. C'est un langage universel. Les frontières, c'est un gros problème en Palestine. Nous, danseurs, notre frontière c'est le corps, qu'on essaie de dépasser tous les jours.

Comment ont été recrutés les deux danseurs palestiniens ?

Nous n'avons que la vision des médias. Quel est le fond du problème ? Essayer d'avoir d'autres points de vue. Une historienne palestinienne vivant à Nantes m'a raconté son pays. Bouguenais fait partie d'un réseau de coopération décentralisé pour la Palestine, comprenant plusieurs villes, plusieurs institutions en France, qui soutiennent la reconnaissance de l’État palestinien. J'ai envoyé mon projet au festival de danse de Ramallah, extrêmement engagé. Ils m'ont invité deux mois après. Ce festival est une porte ouverte sur la culture et sur le monde.

Là-bas, j'ai fait passé une audition et engagé les deux danseurs : Kamel Jirjawi et Hamza Damra. L'un vient de Ramallah et l'autre des camps de Naplouse. Quelques mois après, on les a embarqués en France pour faire une création. Nous l'avons créée en un mois, malgré des histoires de visas qui ont été très compliqués à obtenir. On a tourné en France.

En avril dernier, nous avons fait la clôture du festival de Ramallah, puis au théâtre national palestinien de Jérusalem Est, un théâtre très engagé. Et enfin, dans des lieux où il n'y a jamais eu de danse, en l’occurrence à Napta.

Quel accueil a reçu le spectacle en France et en Palestine ?

Au-delà du spectacle, nous volons rencontrer les gens, échanger avec eux et être ensemble.

Très bien reçu des deux côtés. Ce qui était marrant en Palestine, c'est qu'il y avait beaucoup d'appréhension sur le titre. Ils se demandaient « qu'est-ce que ce français veut dire avec le mot paix [Salam, ndlr] ? ». Parce que là bas la situation fait que, ils disent « on aimerait bien la paix mais qu'est-ce qu'il veut ? Qu'on fasse la paix avec les israéliens ? ».

Évidemment mon message n'était pas celui-là donc ça s'est bien passé. Pour moi, le vrai questionnement était « avant d'arriver à la paix, quelles sont les étapes que nous devons franchir ? ». Et avant tout, retrouver la paix avec soi-même et avec sa propre terre. C'est ça que je veux raconter, cette paix avec cette terre.

Que signifie le concept de « danseurs-cultivateurs » ?

Avec le scénographe, Serge Crampon, on a travaillé pour savoir comment cette terre doit arriver sur le plateau. Cette terre qui est délimitée, c'est l'histoire de la Palestine.

Dans notre scénographie, la terre est enfermée dans des sacs papier. Elle va se transformer, on va la rechercher, la cultiver... A travers il y a un esprit de fécondité, de transfert d'espoir, pour trouver cet état de paix.

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