Dossier du Courrier.Cancer : Un prix pour la vie

La photo sélectionnée : Claudine Tessier et sa fille Alexandra atteinte d’un cancer du sein depuis treize ans. Photo Sema Joy

Orlane, Sema, Alexandra et Claudine ont tenté leur chance au concours national de photos “Estée Lauder Pink Ribbon Photo Award 2017” qui distingue des clichés en lien avec le cancer du sein. Elles se sont classées parmi les 40 finalistes.

MAGAZINE NOVEMBRE 2017

“On est à quelle place maintenant ?” Les têtes penchées sur leur écran de portable, d’ordinateur ou de tablette, elles sont à l’affût des variations du classement. Désormais, tout se joue sur la toile pour remporter le prix du public Téva décerné par les internautes. Et cet automne se teinte des couleurs de l’amour maternel, une autre façon de lutter contre le cancer du sein. Dans l’objectif de Sema Joy, photographe nantaise, une image poignante qui nous prend aux tripes. Celle d’une mère, la tête posée sur l’épaule frêle de son enfant malade. L’une se veut rassurante, l’autre semble extraite du monde qui l’entoure, les yeux clos, le visage austère, son alopécie révèle sa lutte contre la maladie... et puis cette singularité, ce crâne sans cheveux, tatoué d’arabesques au henné, comme pour conjurer le mauvais sort.

“Là, j’ai envie d’assumer ma tête nue”

Deux femmes enlacées, fondues dans une seule matrice qui évoque l’amour et l’espoir. “C’est cette unité dans la maladie que j’ai choisie. Une mère qui aide sa fille à traverser ses épreuves. J’ai essayé d’exprimer cette tendresse, cette bienveillance...”, explique Sema. A ses côtés, Orlane Pulet, tatoueuse professionnelle au henné, accompagne depuis deux ans les malades du cancer : “C’est une porte esthétique pour les patients recevant une radiothérapie, avec éventuellement une perte de cheveux. Le tatouage au henné les aide à retrouver une part de leur féminité et un certain goût à la vie”, confie Orlane Pulet. C’est elle qui met en relation la photographe et la patiente. Ce jour-là, elle reçoit Alexandra Tessier, atteinte d’un cancer du sein depuis treize ans : “Il faut faire connaître cette maladie et enlever cette peur du physique parce que le regard des gens sur soi...” Sa phrase reste en suspens, brisée par l’émotion : “Même avec le foulard ou la perruque, le fait de perdre ses cils et ses sourcils interpellent les autres. Là, j’ai envie d’assumer la tête nue, pour moi et pour mon fils de 6 ans.” Sa participation au concours a été un déclic : “Avant, je ne montrais jamais mon crâne. Maintenant, je partage notre photo sur les ­réseaux sociaux.” Discrète, Claudine, sa maman, est attentive : “Je la suis depuis le début de sa maladie, avec des hauts et des bas. Alexandra est très courageuse, elle s’est toujours battue, elle me surprend.” Quatre femmes unies contre la maladie, avec un mot d’ordre : “Il faut que les femmes se fassent dépister ! Huit femmes sur dix sont susceptibles d’être atteintes par cette maladie.” 

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