France.Accueil migrants : l'échec (prévisible ?) du centre de premier accueil

Un migrant portant ses affaires sur la tête lors de l'évacuation du camp de fortune de la Porte de la Chapelle, situé au nord de Paris, le 7 juillet 2017. STR / AFP

Un centre sous-dimensionné, tel est le constat implacable après les premiers mois de fonctionnement du centre de premier accueil (CPA) de La Chapelle, ouvert en novembre dernier. Cependant, selon une observation menée par diverses associations de soutien aux migrants, le problème de la place vient s'ajouter à de véritables dysfonctionnements structurels...

Saturation des autres centres d'hébergement

Selon les résultats d'observations menées entre le 13 et le 30 juin 2017, plusieurs associations (Cimade, Secours catholique, Dom'asile...) rapportent des dysfonctionnements criants, dont un causé par une circulaire datant du 19 juillet 2016 selon laquelle « il est demandé aux préfectures de systématiser la mise en œuvre des procédures de « réadmission Dublin » ayant pour « conséquence de prolonger inutilement le séjour en Chum [centre d’hébergement d’urgence pour migrants] ou CAO [centre d’accueil et d’orientation] de personnes demandeuses d’asile en France » expliquent les associations. Des centres, bloqués par le manque de rotation des places, vers lesquels doivent être redirigés les migrants en sortant du CPA...

Tri à l'entrée du CPA ?

Les places sont donc rares dans le CPA mais le peu d'entrées serait également lié à la faible capacité de traitement des dossiers, des personnes accueillies au CPA, par la préfecture au sein du Centre d’examen de situation administrative (Cesa) selon les associations : « Ils [Cesa, ndlr] vérifient en revanche si les empreintes ont été relevées dans un autre pays de l’Union européenne. Le cas échéant, la préfecture de police mettra en œuvre une procédure spécifique de transfert dans un autre État européen ». En attendant, une éventuelle convocation à la préfecture puis une expulsion, les demandeurs d'asile sont envoyés dans les CHUM déjà saturés...

Un système en question

« En multipliant les étapes pour faire enregistrer une demande ou pour bénéficier d’une prise en charge, l’État accroît les sources d’embolie du système d’asile, générant précarité et campements informels » expliquent les associations à l'initiative de ces observations. Ces dernières renvoient le gouvernement aux contradictions entre ses annonces et ses actions concernant la politique d'accueil.

Le problème de places évident du CPA n'explique donc pas tout, le changement doit être profond et ne peut être fait qu'à condition d'une réelle volonté politique.

CH. Célinain

Rapport d'observations du CPA de La Chapelle : http://www.gisti.org/IMG/pdf/rapport_cpa_170904.pdf

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