Handicap : la Cour des comptes juge insuffisante la politique en faveur de l’emploi

Antoine, employé du restaurant « Un petit truc en plus », à Mulhouse, qui emploie des personnes en situation de handicap cognitif, le 13 juin 2024. Photo : Abdesslam MIRDASS / AFP
« Mesures disparates », « absence de vision » : la politique en faveur de l’emploi des personnes handicapées ne remplit toujours pas ses objectifs, selon la Cour des comptes.
« Malgré un cadre législatif renforcé depuis la loi de 2005 et une volonté réaffirmée de faire de l’emploi un levier central de l’inclusion », les résultats « restent en retrait des objectifs fixés », estiment les magistrats financiers.
Le taux d’emploi des personnes en situation de handicap « progresse de manière limitée », passant de 37 % à 39 % entre 2005 et 2023.
En 2024, « seulement 35 % des entreprises assujetties remplissent leur obligation d’emploi de travailleurs handicapés par l’emploi direct, tandis que 28 % n’en emploient aucun ».
Actions avec peu d’effets structurels
En cause, selon la Cour des comptes, une « superposition de mesures disparates », l’« absence d’une vision transversale » et un accompagnement « orienté prioritairement » vers les plus grandes entreprises, au détriment des autres.
La mise en place de référents handicap se heurte « au défaut de cadre et de moyens d’agir », ajoute la Cour des comptes, qui égratigne également « les actions emblématiques (Semaine du handicap, DuoDay) », produisant « peu d’effets structurels ».
Pilotage budgétaire précis
Les moyens publics consacrés à « l’insertion en milieu ordinaire des personnes en situation de handicap » s’élèvent à 1,3 milliard d’euros.
Dans ce rapport, les magistrats considèrent qu’ils sont « éclatés » et reposent « sur des circuits de financement peu lisibles et des logiques d’intervention qui manquent de cohérence stratégique ».
Pour remédier à cette situation, la Cour des comptes recommande de « définir les missions et moyens d’action des référents handicap », d’assurer « un pilotage budgétaire précis » ou encore de déployer une « offre unifiée d’information et de conseil pour accompagner les employeurs publics et privés ».
