Hubs de retour pour migrants en Europe : le Parlement européen durcit la politique migratoire

Des migrants interceptés en mer alors qu’ils tentaient de traverser la Manche depuis la France sont transportés en bus vers un centre de traitement après avoir été amenés au port de Ramsgate, dans le sud-est de l’Angleterre, le 5 mars 2026, par un navire des forces frontalières britanniques. (Photo de JUSTIN TALLIS / AFP)
Le Parlement européen a validé un texte durcissant la politique migratoire de l’Union européenne, ouvrant la voie à des centres de retour pour migrants hors du continent. Seulement 20 % des expulsions sont aujourd’hui effectivement appliquées.
Une première validation par le Parlement européen
Avec une alliance de la droite et de l’extrême droite, le Parlement européen a donné un premier feu vert à un texte durcissant la politique migratoire du continent. Ces mesures sont réclamées par une majorité des pays membres de l’UE, mais elles suscitent de vives critiques de la gauche et des ONG. Ce chiffre de 20 % des décisions d’expulsion est régulièrement cité par les partisans d’une ligne migratoire plus stricte.
En mars 2025, la Commission européenne a présenté un texte visant à augmenter le nombre d’expulsions, validé lors d’un premier vote. Il permettrait aux États membres d’ouvrir des centres pour migrants dans des pays hors de l’UE, les fameux « hubs de retour », pour y envoyer les personnes dont la demande d’asile a été rejetée et faisant face à une obligation de quitter le territoire.
Mesures renforcées pour les déboutés d’asile
Le texte prévoit également des règles plus strictes pour les déboutés d’asile refusant de quitter le territoire : confiscation des documents d’identité, détention et interdiction d’entrée prolongée. Ces décisions prises par un État membre seraient reconnues mutuellement : une décision prise en France pourrait s’appliquer en Espagne et vice versa.
Controverses et critiques
Plusieurs pays, dont la France et l’Espagne, doutent de l’efficacité de ces centres de retour, expérimentés par le passé sans réel succès. D’autres États membres, comme l’Allemagne, l’Autriche et les pays scandinaves, soulignent que l’objectif est avant tout dissuasif : ils espèrent décourager des migrants de tenter de s’installer en Europe en raison des sanctions potentielles.
Ces mesures sont vivement critiquées par les associations de protection des migrants et par la gauche au Parlement européen, qui alertent sur de possibles violations des droits humains.
À noter :
Ces centres de traitement permettent aux autorités d’identifier les migrants, d’enregistrer leur situation et de décider du suivi administratif, comme l’orientation vers un centre d’accueil ou un éventuel retour.
>> A lire aussi :
Londres cesse d’accorder des visas d’étude à 4 nationalités
Migration/UE : des textes controversés et l’ombre d’une « ICE européenne »
Bruxelles durcit sa politique : Tunisie et Algérie en ligne de mire
UE : externaliser l’asile pour se décharger de ses responsabilités
