Islamophobie : l’ONU alerte sur un fléau mondial

 Islamophobie : l’ONU alerte sur un fléau mondial

L’ONU sonne l’alerte : Antonio Guterres appelle à mettre fin à l’islamophobie. TIMOTHY A. CLARY / AFP

En finir avec les discours haineux anti-musulmans. Antonio Guterres a réaffirmé la volonté de l’ONU de combattre ce « fléau » qui semble gagner du terrain.

 

« Éradiquons le fléau de l’islamophobie de tous les pays et de toutes les communautés », scandait hier (15 mars) Antonio Guterres, secrétaire général des Nations Unies.

À l’occasion de la Journée internationale de la lutte contre l’islamophobie, il a tenu à dénoncer des dérives et appelé à se réengager pour « l’égalité, les droits humains et la dignité de chaque personne, quelle que soit sa foi ».

Dans sa déclaration, le secrétaire général pointait les difficultés auxquelles sont exposés les musulmans : « discrimination institutionnelle », « exclusion socio-économique », « politiques d’immigration biaisées » — autant d’obstacles avec lesquels doivent composer les deux milliards de musulmans à travers le monde.

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Les discours haineux anti-musulmans, un danger croissant

« Ces tendances inquiétantes sont alimentées par la rhétorique anti-musulmane et une haine ouverte, qui peut conduire au harcèlement et à la violence contre les individus et les lieux de culte », accusait Antonio Guterres.

Des propos allant dans le sens des récentes déclarations du Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD). Le comité a dénoncé, le 11 mars, les « discours de haine raciste » tenus par le président américain Donald Trump et d’autres responsables politiques.

Le CERD regrettait une hausse de l’usage d’un « langage déshumanisant » et de stéréotypes nuisibles visant les migrants, les réfugiés et les demandeurs d’asile aux États-Unis.

Un discours légitimant et encourageant le « recours systématique au profilage racial » par les agents de l’immigration et des douanes (ICE), ce que déplorait le comité.

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Comment l’ONU veut éradiquer l’islamophobie

Antonio Guterres interpellait les plateformes numériques et les réseaux sociaux à agir et à « supprimer les discours haineux et le harcèlement contre des personnes en fonction de leur religion ou de leur croyance ».

Par ailleurs, le secrétaire général des Nations Unies renvoyait les gouvernements face à leurs responsabilités : « les gouvernements doivent prendre des mesures concrètes pour lutter contre les discours de haine, protéger le monde religieux et combattre la discrimination, notamment en veillant au respect total du droit international des droits de l’homme ».

En mai 2025, un Haut représentant de l’Alliance des civilisations a été nommé comme envoyé spécial de l’ONU pour lutter contre l’islamophobie.

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