Enfants palestiniens : silence … on tue

 Enfants palestiniens : silence … on tue

Les corps enveloppés de Siwar et Mayar Azam, enfants palestiniens tués lors des frappes israéliennes à Gaza le 20 novembre 2025, devant l’hôpital Al-Shifa. ©Omar AL-QATTAA / AFP

Les enfants palestiniens continuent de payer le prix fort de la guerre. Entre Gaza, le Liban et l’Iran, leur innocence est menacée par les violences et bombardements.

 

Les enfants palestiniens sont régulièrement victimes des opérations militaires israéliennes. L’affaire Mohammed Al Dura, tué à 12 ans à Gaza en 2000, reste emblématique d’un conflit où les plus jeunes paient un prix disproportionné, malgré la visibilité internationale de ces violences.

Mohammed Al Dura : un symbole de l’innocence brisée

Qui se rappelle encore de l’affaire Mohammed Al Dura, ce jeune Palestinien de 12 ans tué par balles par les soldats de Tsahal à Gaza, le 30 septembre 2000 ? Malgré la complicité de certains médias occidentaux et les molles protestations de l’exécutif hébreu, il est aujourd’hui avéré que les tireurs d’élite de « l’armée la plus morale du monde » ont bien visé le garçon que son père tentait de protéger de son propre corps, au péril de sa vie.

La vidéo, malgré l’horreur et la brutalité de ses images, a fait le tour du monde. Malgré le déni éhonté en Israël mais aussi en France, allant jusqu’à avancer que Mohammed Al Dura ne serait pas mort, certains ont tenté de nier ce qui s’était passé sur le carrefour Netzarim à Gaza ce 30 septembre 2000.

Le journaliste Charles Enderlin, ancien chef du bureau de France Télévisions à Jérusalem, qui a couvert l’événement, n’a jamais voulu transgresser la vérité ! Celui qui a écrit Au nom du temple, l’irrésistible ascension du messianisme juif en 2013 a toujours défendu la thèse initiale filmée par le cameraman de France 2, au péril de sa propre vie.

Les enfants de Gaza : violence et traumatisme quotidien

Puis sont venues les images d’enfants palestiniens arrêtés brutalement par les forces d’occupation à Gaza : des images insoutenables de soudards hilares, à trois contre un enfant de douze ans, lui cassant le bras à coups de pierre, suivies de scènes encore plus terribles de bébés brûlés vifs dans une tente en plastique avec leurs parents.

Aux premiers jours de l’agression israélo-américaine contre l’Iran (un pays dont on peut honnir le régime tout en se gardant de massacrer sa population, soit dit en passant), c’est une école primaire qui a été délibérément visée, faisant plus d’une centaine de morts, dont la majorité étaient des enfants.Le Liban et la guerre : victimes collatérales ou cibles ?

Plus près de nous, ce sont les enfants libanais qui paient aujourd’hui le prix lourd de la cruauté d’Israël. D’après le dernier bilan des autorités libanaises, 334 enfants ont été blessés depuis le début de la guerre israélienne contre le Liban.

Quand on dit « blessés », il faut préciser que les éclats d’obus ou l’effondrement des bâtiments ont des conséquences terribles sur ces petits corps. De plus, ces enfants doivent subir une double peine, car beaucoup ont perdu des membres de leur famille : leurs parents, des frères ou des sœurs.

D’après les médecins libanais, Israël a tué jusqu’à présent environ 111 enfants, et le nombre d’enfants blessés est bien plus élevé. Il faut savoir qu’Israël bombarde précisément des personnes à l’intérieur même de leurs maisons, ciblant les enfants avec des bombes pénétrantes utilisées en général dans des assassinats ciblés. Tous ces pauvres enfants garderont des séquelles physiques ou traumatiques toute leur vie.

Bombes et idéologie : le ciblage délibéré des enfants

Guerre à Gaza, agression contre l’Iran, offensive au Liban, incursions en Syrie : il est désormais avéré qu’Israël cible précisément les enfants, provoquant la sidération chez les parents et traumatisant toute une génération d’enfants blessés ou handicapés à vie.

L’exécutif israélien le fait de manière intentionnelle : ce ne sont pas des dégâts collatéraux, mais l’expression d’une idéologie bien ancrée dans l’esprit des faucons de l’État hébreu selon laquelle tous les enfants arabo-musulmans en général, et palestiniens en particulier, seraient de futurs terroristes. En les ciblant délibérément, Israël trancherait ainsi le mal à la racine.

En 2024, en pleine répression de l’armée israélienne à Gaza, l’état-major de Tsahal, toute honte bue, avait publié un communiqué précisant que :

« Les enfants de la bande de Gaza sont éduqués dès leur jeune âge à haïr Israël et les Juifs, dès l’école, au sein des mouvements de jeunesse et dans les camps. Les enfants y reçoivent une formation militaire, théorique et pratique. »

Sans commentaire.

 

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