La FIFA inflige une amende à la fédération israélienne pour manquements répétés dans la lutte contre les discriminations

Israel fans seen during The European World Cup Qualifiers 2026 football match between Israel and Italy at Nagyerdei Stadion. Final score; Israel 4:5 Italy (Photo by Grzegorz Wajda / SOPA Images/Sipa USA)
Pendant que certaines ONG internationales documentent, dénoncent et qualifient la situation à Gaza de « génocide », la Fédération israélienne de football se verra contrainte d’afficher dans ses stades une banderole “No to Discrimination”, sur décision de la FIFA. Le contraste est saisissant et révélateur.
Jeudi 19 mars, la commission de discipline de l’instance a infligé une amende de 150 000 francs suisses (environ 165 000 euros) à la Fédération israélienne de football pour des « violations graves et répétées » de ses obligations en matière de lutte contre les discriminations. Une sanction formelle, argumentée, mais qui évite soigneusement le terrain politique que d’autres acteurs internationaux, eux, ont choisi de nommer.
Racisme documenté, inertie dénoncée
Sur 40 pages, la décision déroule une accumulation de faits difficilement contestables : slogans exaltant la « pureté raciale » dans les tribunes du Beitar Jérusalem, insultes visant des joueurs arabes, publications à caractère politique et militariste émanant d’acteurs du football, notamment autour du Maccabi Netanya.
Mais au-delà des faits, c’est surtout l’inaction, ou l’action jugée cosmétique, de la fédération israélienne que la FIFA met en cause. L’instance estime qu’elle n’a pris aucune mesure « concrète et transparente », n’a pas mené de campagne de lutte contre le racisme, ni même formulé de condamnation publique claire. En d’autres termes : le problème est connu, visible, répété et toléré.
Une ligne rouge soigneusement évitée
Pourtant, malgré la gravité des constats, la FIFA s’arrête en chemin. Elle n’a pas suivi la demande de la Fédération palestinienne de football, qui réclamait depuis deux ans la suspension de son homologue israélienne pour violations des statuts.
Ce refus interroge. Car si la décision reconnaît explicitement des comportements racistes systémiques et des dérives politiques dans le football israélien, elle choisit une réponse mesurée, presque administrative : une amende, un plan d’action, et une banderole.
Le symbole plutôt que la rupture
La sanction impose à la fédération israélienne de payer les deux tiers de l’amende sous 30 jours, et d’investir le reste dans un programme de lutte contre les discriminations. Elle devra également afficher, lors de ses trois prochains matchs internationaux à domicile, un message standardisé : “Football Unites the World -No to Discrimination”. Tout ça pour ça !
