La Série Economie.(VIDEO) Lok-iz promeut le "samsar" immobilier

Les Rouennais, Safir et Lamia Hanafi ont créé la start-up Lok-iz. Avec cette plateforme, installée dans la Station F à Paris, le plus grand incubateur d’Europe, Lamia et Safir Hanafi proposent de devenir “apporteurs d’affaires” pour les agents immobiliers. La fratrie est aussi à l’origine de la French Moroccan Touch.

La compétition en famille a du bon. Ce n’est pas les Hanafi qui nous contrediraient. Leur père, promoteur qui a fait sa fortune dans la vente aux enchères du côté de Rouen, garantissait à ses quatre enfants une commission pour toute affaire d’achat ou de vente. Ainsi Safir put-il s’offrir “une Mercedes SLK à 19 ans, grâce aux primes gagnées”. Lamia ne se souvient d’“aucune” prime, concède-t-elle dans un grand éclat de rire et un sourire complice à son frère.

Né à Rouen il y a vingt-huit ans, ce dernier, ancien champion de Normandie de 50 mètres nage libre, a suivi un cursus de droit et d’une école de commerce, “100 % immobilier”. Tentant à tout prix d’intégrer un incubateur, il perçoit la valeur des apporteurs d’affaires (gardiens d’immeuble, plombiers, électriciens, etc.) pour les ventes d’appartements. “Au Maroc, ce sont les fameux ‘samsars’. J’ai vu la possibilité d’industrialiser cette ­démarche, en créant la première plateforme qui centralise ces­ informations.” Grâce au soutien financier de son frère chirurgien-dentiste, son “premier business angel’, Safir donne naissance à Lok-iz.

“Le but est d’être le premier sur les biens”

Lamia, à la base, devait “juste” lui donner un coup de main. Après un double cursus universitaire (école de commerce et droit des affaires) et dix ans de conseil en entreprise, la trentenaire se lance finalement corps et âme dans l’aventure. “J’ai toujours eu un rôle de ‘business developer’, que ce soit pour recruter ou pour chercher des contrats avec des clients importants. Je peux l’exprimer pleinement dans notre boîte.” Bien plantée sur ses deux jambes (commerciale et gestion), la plateforme va connaître en trois ans un bel essor. Les commissions vont de 500 à 2 000 euros pour les 400 000 “lok-izeurs informateurs”. Ces derniers sont ­invités à chasser des appartements à vendre pour les agences immobilières ou à mettre en réseau de partenaires importants. Leur système d’alertes géolocalisables et l’algorithme puissant de Lok-iz relient l’information et la requête. “Le but de n’importe quel agent immobilier est d’être le premier sur un bien, souligne ­Lamia. Notre travail, c’est de mettre en connexion ces informations avec l’agence adéquate.”

“Le mentorat manque au Maroc”

Présents en France (bientôt en Suisse), les Hanafi ont investi 400 000 euros en fonds propres dans leur société (de 12 salariés) qui s’autofinance grâce aux abonnements des agences immobilières. Pour Safir, même s’ils ont été approchés par des groupes externes, c’était important “d’éprouver le modèle avant de capitaliser. Notre indépendance, c’est notre liberté. La levée de fonds nous permettra d’accélérer notre business et non de le construire.”

Fort de leurs expériences, ils tiennent aussi à la mettre à disposition des autres. En témoigne leur initiative bénévole, la French Moroccan Touch, destinée à accompagner les entrepreneurs du digital français et marocains. “Le but, c’est de créer un écosystème de partage des réseaux, explique Lamia. Le mentorat manque cruellement au Maroc. Pour réussir, il faut être capable de fédérer. Un créateur de start-up seul ne peut pas y arriver.”

Challengers et compétiteurs dès leur jeunesse, les Hanafi ont su puiser dans leur collaboration pleine d’affection (et de fous rires) la force nécessaire pour voler de leurs propres ailes. 

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