La Série Economie.Les As de la French Tech

crédits photos : HandyCatch - Jaafar Elalamy - My Big Box- Archives personnelles Yassine Mountacif /Karim Bennis -Malik Dieng - Frédéric Cirou/Altopress/AFP

Membres de la “start-up nation”, souvent ingénieurs ou issu d’écoles de commerce, ils ont su mettre à profit leur polyvalence et leurs ambitions pour créer les futurs grandes sociétés du web. Leurs parcours témoignent de leur persévérance et leur patience.

MONTASSER JABRANE

HANDYCATCH : Faciliter les recrutements

“Avec mon parcours hybride (BTS informatique, master en ressources humaines) et cette start-up, je prouve qu’un handicapé moteur n’est pas cantonné à un rôle passif.” Depuis qu’il a créé l’application HandyCatch en marge de ses études, ce natif de Dreux participe à l’insertion professionnelle des jeunes et des personnes en situation de handicap. “Mon application est au service de tous. L’emploi et la formation sont des obstacles sociaux pour tout le monde, et pas seulement pour les handicapés.” Repéré par le ministère chargé des Marocains résidant à l’étranger (MRE), soutenu par le député M’jid El Guerrab et la French Morrocan Touch, Montasser Jabrane a lancé en 2013 son dispositif innovant, qui facilite le recrutement grâce à la vidéo et la géolocalisation. Installé depuis à la station F, il fédère une équipe de 16 bénévoles autour de lui. Ses premiers soutiens : Pôle emploi et l’Anapec au Maroc.

JAAFAR ELALAMY

STREET4FIT : Promouvoir le sport en entreprise

Né à Marrakech, cet ingénieur informatique spécialisé en intelligence artificielle, a travaillé pour Siemens aux Etats-Unis et a participé à Londres à la création d’un robot comparateur de prix dans l’aérien. C’est en France qu’il lance sa première start-up, PeersUp, afin d’améliorer la mobilité interne au sein des entreprises. Puis il lance Bonapart, un site qui permet de supprimer le dépôt de garantie entre locataire et propriétaire contre une cotisation. A la suite d’une divergence avec son associé, Jaafar Elalamy cède ses parts et reprend une ancienne idée : Street4Fit. Cette entreprise de sept personnes permet à des sportifs de haut niveau issus des quartiers populaires de faire du coaching sportif en entreprise. Ses clients : Renault, Saint-Gobain et des PME. “On souhaite lever 500 000 euros afin de devenir ‘la marque de référence’ dans notre secteur. Pour l’heure, seules 7 % des entreprises proposent du sport en France.”

NOURA MOULALI

OUIEXPAT: Un guide pour s’expatrier

“Etant arabophone et anglophone, j’avais dans l’idée de m’installer à Dubaï. Quand je m’y suis rendue, j’ai été déçue, car je n’ai pas rencontré la bonne personne pour m’aiguiller sur ce projet. En tant que femme seule, c’était compliqué. J’ai abandonné l’idée de m’expatrier et je suis rentrée en France...” A la suite de cette mauvaise expérience et après quatre ans de conseil en audit, Noura Moulali, fille de commerçants casablancais dans l’import-export et diplômée d’école de commerce, décide de se lancer dans l’entrepreneuriat afin d’aider les expatriés en leur fournissant des informations, un réseau sur place (déménageurs, banques, etc.) et en facilitant leurs démarches. Ayant déjà investi 10 000 euros, Noura Moulali prépare une levée de fonds de 300 000 euros pour son application gratuite. Son “business model” s’appuie sur My Big Box, un site e-commerce de box de produits “made in”, issus des terroirs français et marocain.

YASSINE MOUNTACIF

DEEPSENSE Un moniteur cardiaque sans fil

“J’ai toujours eu un intérêt pour les mathématiques ainsi que pour tout ce qui touche à la santé ; il se trouve que mon petit frère faisait des crises d’épilepsie... Je me sentais concerné. Pendant ma scolarité, j’ai donc effectué des stages qui étaient liés au monitoring cardiaque et respiratoire.” A la suite de ces expériences, personnelle et professionnelle, Yassine Mountacif, brillant polytechnicien passé par Berkeley aux Etats-Unis, choisit de lancer sa start-up baptisée Deepsense, avec 50 000 euros de capital. Son objectif : mettre en place du monitoring cardiaque et respiratoire sans contact. Ce dispositif médical permet de faire remonter des paramètres vitaux sans poser d’électrodes ni de câbles quelconques sur le patient. Ses clients ? Les services de néonatologie, ainsi que plus généralement les cliniques et les hôpitaux. “Nous visons l’international. On peut apporter des solutions, notamment en Afrique, où le téléphone est très présent, assure-t-il. Un bon startuppeur est quelqu’un qui trouve une solution à un vrai problème, mais sait aussi bien communiquer et fédérer une équipe.”

KARIM BENNIS

TYC : Favoriser le dialogue citoyens-élus

Au sortir de son master, ce jeune Franco-Marocain, a choisi de créer directement son entreprise sans passer par la case salariat. “Je viens d’une famille d’entrepreneurs industriels. Mon père travaile dans le secteur de la chimie et ma mère dans la vente de produits pour l’imprimerie. Je voulais aller vers une idée novatrice et la mettre en pratique.” C’est donc dans cet objectif qu’il lance TYC, une start-up “civique” qui aide les citoyens à mieux se connecter avec leurs élus et à faire avancer la démocratie. “On accompagne des décideurs politiques ou des administrations, en leur fournissant des outils de démocratie participative et de mise en relation avec les citoyens”, explique-t-il. Créée début 2018, TYC est rapidement entrée en résonance avec l’actualité de ces dernières semaines, répondant parfaitement à l’une des revendications des gilets jaunes.

HOUSSEM HAMZA

D4J GPS des recruteurs

Originaire de Tunisie, Houssem Hamza débarque en France en 2002, à l’âge de 21 ans, pour suivre ses études d’ingénieur, avant de se spécialiser dans le calcul de la performance des données et l’intelligence artificielle. “En tant que consultant IT en entreprises de 2005 à 2014, j’ai diversifié ma formation et j’ai voulu devenir entrepreneur. Mon ancien dirigeant m’a aidé à créer ma société et est devenu associé.” D4J (Data For Job) est une start-up qui recourt aux technologies dans les métiers des ressources humaines. Houssem Hamza entend ainsi améliorer le recrutement et la gestion de carrière en interne. Reposant sur des abonnements, sa société de 10 salariés a triplé son chiffre d’affaires en trois ans, pour atteindre 300 000 euros en 2018. “Si on compare un recrutement à une voiture, l’intelligence artificielle n’est pas une voiture autonome, explique-t-il. C’est le GPS qui va aider le conducteur à aller plus vite. Il faut toujours un humain, le recruteur qui modère les résultats.”

Et aussi :

AMINE BENJELLOUN, fondateur de CARROSSE ROYAL, start-up spécialisée dans la pub sur taxis géolocalisés, avec un chauffeur.

HASNAA GUESSOUS, créatrice de MY SOUK IN THE CITY, e-shop qui met la mode arabe émergente en avant.

HAMMAD BENJELLOUN, fondateur d'ADLIVE, une entreprise qui améliore les revenus des éditeurs de pubs sur internet.

Le Dossier  Spécial Start Up :

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