La Tunisie mise sur la voiture électrique via des subventions pour le secteur public

Mieux vaut tard que jamais ! La Tunisie s’apprête enfin à franchir une nouvelle étape dans sa transition énergétique. Les autorités viennent d’annoncer la mise en place de subventions destinées à l’acquisition de voitures électriques au profit du secteur public, une mesure qui s’inscrit dans la volonté de réduire la dépendance aux énergies fossiles et de moderniser le parc automobile de l’État.
Ministères, entreprises publiques et collectivités locales sont concernés par ce programme, qui marque un tournant dans la politique de mobilité durable du pays, via une réduction des coûts et de l’empreinte carbone.
Au centre du dispositif, l’attribution, par un fonds de transition énergétique, d’une prime de 10.000 dinars pour l’acquisition de chaque véhicule électrique par les établissements et entreprises publics ainsi que par les collectivités locales. Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’une politique plus large de promotion de la maîtrise de l’énergie et de transition énergétique dans le secteur public.
Mais au-delà de l’enjeu environnemental, la subvention des véhicules électriques répond à des considérations économiques. Le coût élevé du carburant, conjugué à la pression croissante sur les finances publiques, pousse en effet l’État tunisien à explorer des alternatives plus durables à moyen et long terme. Les véhicules électriques, moins coûteux à l’usage et à l’entretien, devraient permettre de réduire les dépenses liées au transport administratif, tout en contribuant à la baisse des émissions de gaz à effet de serre.
Des défis techniques et infrastructurels à relever
Cette orientation ambitieuse soulève toutefois plusieurs défis. Le développement d’un réseau de bornes de recharge adapté, la formation des agents à l’utilisation et à la maintenance de ces véhicules, ainsi que la capacité du réseau électrique national à absorber une demande accrue figurent parmi les principaux obstacles.
Les autorités assurent néanmoins que ces aspects seront intégrés progressivement dans une stratégie globale de mobilité électrique vers une généralisation progressive.
Si dans un premier temps, la mesure cible exclusivement le secteur public, elle pourrait servir de projet pilote avant une extension aux entreprises privées et aux particuliers. En donnant l’exemple, l’État espère encourager l’adoption plus large des voitures électriques et amorcer une transformation durable des habitudes de transport. Une transition qui, si elle est menée à terme, pourrait repositionner la Tunisie sur la voie d’un modèle énergétique plus sobre et plus résilient, avec quelques années de retard sur certains de ses voisins.
Deux nouvelles stations de recharge
Le même jour, l’Office de la Marine marchande et des Ports a annoncé l’installation de deux unités de recharge pour véhicules électriques aux ports de La Goulette et de Zarzis, chacune d’une puissance de 22 kW. Les deux stations sont entrées en service depuis décembre 2025, offrant aux usagers un accès direct et pratique à la recharge électrique.
L’initiative s’inscrit dans le cadre de la transition énergétique tunisienne vers les énergies propres et du développement d’un réseau national de points de recharge pour véhicules électriques, en coordination avec l’Agence nationale de contrôle de l’énergie. Le projet vise à faciliter la mobilité des passagers et transporteurs via les ports.
En Tunisie, le nombre de stations de recharge électrique est encore limité mais en croissance : il était à environ 60 bornes installées fin 2023, principalement autour de Tunis et sur les grands axes routiers comme l’autoroute A1, mais des déploiements sont prévus dans les grandes surfaces commerciales, avec des opérateurs comme Total Energies Tunisia qui étendent leur réseau avec des bornes rapides et accélérées. La Tunisie se propose d’atteindre 50000 voitures électriques, 5000 bornes de recharge et 50MW de puissance installée en 2030, contre respectivement 500 voitures, 500 bornes et 5MW, en 2026.
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