Liban : évacuation anarchique, bombardements stratégiques

Frappes aériennes israéliennes sur le sud de Beyrouth, le 10 mars 2026 : Amnesty International dénonce l’impunité.
L’ordre d’évacuation jugé imprécis par l’armée israélienne dans le sud de Beyrouth a provoqué un exode massif et désordonné de la population, selon Amnesty International. Plus de 70 000 habitants ont fui la banlieue sud de la capitale libanaise avant des frappes aériennes menées dans la nuit.
C’est un exode massif et confus qui s’est mis en branle à Beyrouth, jeudi dernier (5 mars), suite à l’ordre d’évacuation du sud de la ville ordonné par l’armée israélienne.
C’est dans un climat de panique que les plus de 70 000 habitants de la zone ont dû se déplacer provoquant « une nouvelle catastrophe humanitaire alors que la population est déjà épuisée et ébranlée par de multiples crises », selon Amnesty international, dans un communiqué publié hier (10 mars).
L’armée israélienne visait le sud de la ville, bastion du Hezbollah pro-iranien. Pour l’ONG, les ordres d’évacuation, censés protéger la population, sont bien trop vagues.
« Ils ne fournissent aucune information utile sur le lieu et le moment où l’armée israélienne pourrait frapper et n’offrent pas d’indication suffisante pour permettre aux civils de décider en connaissance de cause s’ils doivent fuir et pour combien de temps », selon Kristine Beckerle, directrice régionale adjointe pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International.
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Bombardements sans avertissement
Quelques heures après l’ordre d’évacuation, peu avant minuit, l’armée israélienne a bombardé la banlieue sud de Beyrouth. Des frappes aériennes répétées, via les chasseurs-bombardiers et les drones, qui se sont poursuivies jusqu’à l’aube.
Amnesty international déplorait l’absence d’avertissement du début de l’opération israélienne, au mépris de la sécurité des civils :
« Le fait d’émettre des ordres d’évacuation massive ne donne pas à l’armée israélienne le droit de traiter ces zones comme des zones de tir, et n’exonère pas Israël de ses responsabilités en vertu du droit international humanitaire de protéger les civils ».
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Accusations d’impunité contre Israël
Afin de se prémunir contre des ripostes généralisées de l’armée israélienne contre les personnels diplomatiques iraniens, le gouvernement libanais avait ordonné jeudi (5 mars) au service de sécurité d’arrêter toute personne liée aux Gardiens de la révolution iraniens.
Pour Kristine Beckerle, d’Amnesty, « l’impunité dont a bénéficié Israël après les précédentes vagues d’affrontements a ouvert la voie à la répétition des mêmes violations du droit international, exposant une fois de plus la population civile à de graves dangers ».
Si l’armée israélienne ne fait que répondre aux attaques du Hezbollah, Amnesty exhorte Israël, mais aussi toutes les parties impliquées dans ce conflit, à respecter le droit international humanitaire et protéger les civils.
