Liban : Israël accusé de frapper les professionnels de santé

 Liban : Israël accusé de frapper les professionnels de santé

Destruction dans le quartier Al Hosh à Tyr, Liban, suite à une frappe aérienne israélienne le 19 mars 2026. © Kawnat Haju / AFP

Amnesty International dénonce les attaques contre les professionnels de santé au Liban, qui ont fait des dizaines de victimes parmi le personnel médical. L’ONG demande à Israël de cesser immédiatement ces frappes et rappelle la protection des professionnels de santé selon le droit international humanitaire.

Frappes israéliennes au Liban : professionnels de santé visés

« Israël emploie la même stratégie meurtrière qu’au Liban en 2024, tuant des dizaines de professionnels de santé et détruisant les services de soins », dénonçait hier (19 mars) Kristine Beckerle, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord à Amnesty International.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), entre le 2 et le 15 mars, 28 attaques contre des services ou personnels de santé ont été recensées, faisant 30 morts et 35 blessés.

L’armée israélienne justifie ses frappes contre ambulances et hôpitaux en les accusant d’être utilisés à des fins militaires, accusations qu’Amnesty International juge « sans preuves ».

>> A lire aussi : Décryptage – Proche-Orient en guerre : « L’Iran se bat pour sa survie, tel un animal blessé », Younes Abouyoub

Affiliation au Hezbollah : ce que dit Amnesty International

Selon le ministère libanais de la Santé publique, au 16 mars, les attaques auraient coûté la vie à 40 professionnels de santé et fait 96 blessés.

Parmi les victimes, certains appartenaient au Comité sanitaire islamique, institution civile affiliée au Hezbollah. Pour Amnesty International, « les civils, y compris les professionnels de santé, ne perdent pas leur statut de personnes protégées sur la seule base de leur affiliation ».

>> A lire aussi : Liban : évacuation anarchique, bombardements stratégiques

Droit international humanitaire : protection des hôpitaux et ambulances

Amnesty International rappelle que les accusations sans preuves ne suffisent pas à « considérer les médecins et ambulanciers comme des cibles ». Les hôpitaux et véhicules médicaux sont protégés par le droit international humanitaire.

Même si les accusations israéliennes étaient avérées, ces structures ne peuvent être visées que si elles sont utilisées pour des actes « nuisibles à l’ennemi », et uniquement après un avertissement laissant le temps d’évacuer patients et personnel.

>> A lire aussiDécryptage – Proche-Orient en guerre : « L’État de droit cède face à la loi de la jungle », Younes Abouyoub