Migration.Migrants : les chiffres effarants des expulsions de camps

Toulouse, le 15 novembre 2019. Les membres du plus grand squat de Toulouse, appelé «Squat Russel», manifestent devant la préfecture de la Haute-Garonne. Ils craignent une expulsion par la police, même si la trêve hivernale sur l'expulsion est en vigueur depuis le 1er novembre. ALAIN PITTON / NURPHOTO / AFP

Les images de démantèlement de campements de migrants sont récurrentes. Plus largement, une nouvelle entité a quantifié « les expulsions de lieux de vie informels ». 

Observatoire

Selon le rapport 2019 sur l’état du mal-logement de la Fondation Abbé Pierre, parmi les quatre millions de personnes mal-logées, 91 000 vivent dans des habitations de fortune (Tentes, caravanes, immeubles inoccupés...).

Composé notamment de la Fondation Abbé Pierre, Médecins du Monde ou encore la Plateforme des Soutiens aux migrants, l’observatoire des expulsions collectives de lieux de vie informels, en place depuis un an, a dénombré ce chiffre éloquent : les forces de l'ordre ont effectué 1 159 expulsions de lieux de vie en France métropolitaine entre le 1er novembre 2018 et le 31 octobre 2019.

Calais

Le démantèlement des campements de fortune accueillant des migrants occupent une place significative puisque, selon l'observatoire, « près de 85% des expulsions ont été recensées dans les seules villes de Calais et Grande-Synthe ».

Toujours selon l'observatoire : « dans ces villes, la base juridique des expulsions est à 94% inconnue : les pouvoirs publics ne s’efforcent même plus de justifier ces pratiques ».

Nord de la capitale

Le 7 novembre dernier, au nord de Paris, entre la porte de la Chapelle et l'avenue Wilson à Saint-Denis, ce sont plus de 1 600 migrants qui ont été expulsés de leur campement de fortune.

Les raisons invoquées par la préfecture de police pour mettre en route cette évacuation étaient principalement sanitaires.

La PP s'est appuyée sur un rapport de l'agence régionale de santé d'Île-de-France, du 30 octobre 2019, ce dernier mentionnant « Plusieurs centaines de personnes sont porteuses de pathologies respiratoires, gastriques, dermatologiques, ostéoarticulaires, ainsi que de séquelles de blessures et de traumatismes ».

Dignité

Suite aux expulsions, la question de la mise à l'abri est prépondérante, or selon l’observatoire des expulsions collectives de lieux de vie informels, dans près de 90% des expulsions, aucune solution d'hébergement ou de relogement n'est proposée.

« Les pouvoirs publics doivent se saisir de manière urgente de cette question, pour la dignité des personnes et pour enrayer une des manifestations les plus dures de la crise du logement » affirme l'observatoire, dont le premier bilan appelle le gouvernement à agir vite.

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