Politique.Expulsée du Soudan, la journaliste Gwenaelle Lenoir est arrivée en France

Gwenaelle Lenoir ancienne Grande reporter au Soudan pour Orient 21 et Ouest France.

Gwenaelle Lenoir est rentrée ce jeudi 6 juin en France. Ancienne Grande reporter à France 3, elle était partie il y a deux semaines en reportage au Soudan pour Orient 21 et Ouest France. Ce Dimanche 2 juin, Gwenaelle Lenoir est à Atbara, à 400 kilomètres au nord de la capitale Kartoum quand elle est arrêtée par les services secrets. Libérée douze heures après, juste avant le coup d’état, elle est sommée de quitter le pays. Depuis quelques mois, le peuple soudanais réclame pacifiquement la fin du pouvoir militaire et la transition vers un pouvoir civil. 

 

Comment allez-vous ?

Je suis un peu fatiguée. Je suis surtout triste d’avoir quitté les Soudanais dans ces conditions. Au lendemain du coup d’Etat, mes amis soudanais me disaient qu’après la journée d’abattement de lundi, la révolution venait de commencer. Je leur souhaite du fond du cœur d’aller au bout de leurs rêves de liberté. 

Racontez-nous votre arrestation…

J’étais partie en reportage à Atbara, une ville connue pour ses chemins de fer et sa forte implantation des syndicats. Atbara a été pionnière lors des 3 révolutions qu’a connu le pays, en 1964 et 1985 et dernièrement en 2018. Je trouvais donc intéressant de donner la parole aux militants de cette ville.

Dimanche (NDLR : le 2 juin), alors j’étais sur le chemin du retour, pour revenir à Kartoum, les services secrets m’ont arrêtée. Au bout de quatre heures, j’ai été transférée à Kartoum. Heureusement que j’ai eu le temps d’envoyer un sms à l’ambassade de France. Elle a été exemplaire. J’ai pu être libérée grâce à leur aide. 

Pourquoi selon vous avez-vous été arrêtée ? 

Ils m’ont reproché d’avoir rencontré des militants syndicaux à Atbara. En fait, ils ne voulaient pas de présence étrangère dans cette ville. J’étais la seule étrangère à Atbara. Quelques heures plus tard, lundi 3 juin au matin, le coup d’Etat avait lieu…

Un coup d’Etat, selon vous, qui n’aurait pas pu avoir lieu sans l’aide de l’Arabie saoudite et l’Egypte…

Effectivement. Les deux têtes au pouvoir actuellement au Soudan ont passé du temps en Egypte et en Arabie saoudite. Ils sont très proches de ces deux pouvoirs.

L’Egypte et l’Arabie saoudite n’ont pas intérêt à ce que la démocratie s’installe à leurs frontières. Ca pourrait être contagieux ! Pour eux, qui dit démocratie dit instabilité…Et puis, ne pas oublier que le Soudan fournit à l’Arabie saoudite des miliciens pour aller faire la guerre au Yémen. 

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