Politique.Politique. Democracy Index : France en recul, Maghreb dispersé

Les groupes et partis extrémistes sont une menace sérieuse pour la démocratie en Europe. Thomas Samson/AFP

Moins d’un humain sur 20 vit en démocratie. C’est ce que révèle l’édition 2017 du Democracy Index de The Economist Intelligence Unit. Si l’Europe apparait globalement comme un bon élève, certains pays, comme la France, connaissent des baissent de leur score. Au Maghreb, la Tunisie poursuit sa baisse amorcée en 2015, tandis que le Maroc poursuit sa progression et que leurs voisins algérien et libyen végètent au fond du classement.

L’édition 2017 Democracy Index 2017 confirme certaines tendances déjà perceptibles dans l’édition précédente. Les premières places reviennent une fois encore aux pays d’Europe du Nord : Norvège, Islande, Suède et Danemark. Un leadership à peine contesté par la Nouvelle-Zélande, qui occupe la 4e place du classement. Au total, seuls 19 pays sur les 167 obtiennent un score supérieur à 8/10 et entrent dans la catégorie des « démocraties véritables », soit 4,5% de la population mondiale.

La plupart des pays dits démocratiques se retrouvent donc dans la catégorie des « démocraties imparfaites ». C’est le cas des États-Unis (21e) et de la France (29e) par exemple. Cette dernière arrive ainsi juste derrière le Botswana et enregistre la 4e plus forte baisse européenne après Malte, l’Espagne et la Turquie.

Le score de la France est plombé par sa note en « culture politique », l’un des cinq composants de l’indice. « Des décennies de déclin de la qualité de la démocratie ont renforcé l’attrait pour les parties anti-establishment », indiquent les auteurs du classement, en référence aux scores de l’extrême droite lors des élections de 2017.

Même s’ils n’ont pas accédé aux plus hautes fonctions en raison des modes de scrutin en Allemagne, France et Hollande, les extrêmes demeurent une menace en raison de « l’échec des partis de gouvernement à répondre aux inquiétudes des jeunes et des classes moyennes », avertit le rapport.

Le grand malade algérien

Selon le même classement, les trois pays du Maghreb suivent des trajectoires assez différentes. La Tunisie « seule lumière démocratique de la rive sud de la Méditerranée », voit son aura se ternir. Pour la deuxième année consécutive, le pays voit son score s’effriter en raison de la menace que représentent « les membres de l’ancien régime de plus en plus influents dans la conduite des affaires », selon le rapport.

À l’inverse, le Maroc poursuit sa progression entamée en 2011. Le Royaume passe ainsi devant le Liban et se classe troisième de la zone Maghreb et Moyen-Orient. L’Algérie apparait pour sa part comme le grand malade du Maghreb, Libye mise à part. La note de 2,58/10 obtenue pour le « fonctionnement du gouvernement » reflète notamment la quasi paralysie du pays, à l’image de son président Abdelaziz Bouteflika, très diminué depuis son AVC de 2013. Les apparitions de celui-ci se font rarissimes et soulève toujours de nombreuses remarques sur son aptitude à assumer ses fonctions.

Rached Cherif

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