Proche-Orient. L’Arabie saoudite interdit le Hajj à près de 3 millions de Palestiniens

Les nouvelles règles en matière de visa édictées par l’Arabie saoudite empêchent des millions de Palestiniens d’accomplir leur pèlerinage à la Mecque, l’un des commandements de la religion musulmane. 

Les Palestiniens d’Israël et les réfugiés vivant en Jordanie et au Liban, sans en avoir la nationalité d’un de ces deux pays, pouvaient jusqu’à présent voyager vers les lieux saints en obtenant un passeport temporaire jordanien, en remplacement du passeport israélien non reconnu par la plupart des pays arabes, ou un document de voyage pour réfugié du Liban. Depuis le 12 septembre, le royaume wahhabite avait cessé de reconnaître ces documents. S’y sont ajoutés cet automne les 1,5 million d’Israéliens musulmans, selon des informations relayées par le site Middle East Eye.

Ces Arabes d’Israël sont les descendants des Palestiniens n’ayant pas quitté leurs terres lors de la création de l’État d’Israël en 1948. Ils représentent aujourd’hui environ 20 % de la population du pays et jouissent en théorie des mêmes droits que les autres citoyens israéliens, notamment celui de voter. Raison pour laquelle ils sont vus par certains israéliens comme une menace intérieure soutenant la cause palestinienne.

Le ministère jordanien des Awqaf et des Affaires islamiques a averti les agences de voyages que l’ambassade d’Arabie saoudite avait ordonné de ne pas demander de visa pour les personnes souhaitant se rendre à La Mecque avec un passeport jordanien temporaire. Au total, ce sont près de 3 millions de Palestiniens qui n’ont désormais plus accès à un document de voyage leur permettant de se rendre à la Mecque pour le pèlerinage.

Éliminer le problème des réfugiés palestiniens

Selon une source jordanienne du site spécialiste sur Proche-Orient, cette décision saoudienne fait partie d’un accord bilatéral avec Israël visant à mettre fin à « l’identité palestinienne et au droit au retour des réfugiés ». Cette mesure va, entre autres, pousser ceux qui souhaitent accomplir leur devoir religieux à demander la nationalité de leur pays de résidence. Or, jusqu’à présent les pays comptant les plus importantes communautés de réfugiés palestiniens avaient refusé de les naturaliser. De nombreux Palestiniens ne voulaient eux même pas s’y résoudre de peur de perdre leur droit au retour en Palestine dans le cas d’un hypothétique accord de paix le leur permettant.

La question du retour des exilés de 1948 et de leurs descendants est d’ailleurs, avec le statut de Jérusalem, l’un des principaux écueils sur lesquels se sont brisées toutes les tentatives de trouver une issue au conflit israélo-palestinien. Dans le cas où la Jordanie et le Liban naturalisent ces résidants palestiniens « il n’y aura plus de problème de réfugiés palestiniens », a expliqué la même source, qui précise que la Jordanie n’entend pas plier sous cette pression.

La position saoudienne pourrait être liée à la volonté américaine de solder ce conflit vieux de 70 ans, une des promesses de campagne du candidat Trump. Celui-ci a d’ailleurs annoncé une initiative américaine censée conclure l’« accord du siècle » au Proche-Orient. Selon des médias de la région, les États-Unis auraient donc demandé à leur allié saoudien de les aider à éliminer le problème des réfugiés palestiniens.

Rached Cherif

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