Sabri Lamouchi : un nouveau souffle pour les Aigles de Carthage

 Sabri Lamouchi : un nouveau souffle pour les Aigles de Carthage

Le nouveau sélectionneur sera épaulé par Wahbi Khazri, nommé responsable des analyses techniques au sein du staff

La Fédération tunisienne de football (FTF) a pris un tournant stratégique en nommant Sabri Lamouchi au poste de sélectionneur de l’équipe nationale, en remplacement de Sami Trabelsi, démis de ses fonctions après l’élimination de la Tunisie dès les huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 au Maroc. Portrait et défis.  

Cela fait plusieurs décennies que la logique de la FTF dans ses choix de coach alterne entre profils locaux du sérail et recrues étrangères plus onéreuses. Cette fois le choix du technicien franco-tunisien de 54 ans concilie ces deux logiques tant sur le plan de la fibre nationale que du compromis financier. Lamouchi s’est engagé dans un contrat courant jusqu’au 31 juillet 2028, avec une évaluation prévue l’été prochain, puis à l’issue de la CAN 2027.

 

Un technicien d’expérience pour une mission cruciale

Ancien milieu de terrain de haut niveau, Lamouchi a porté les couleurs de grands clubs européens comme l’AJ Auxerre, l’AS Monaco, Parme, l’Inter Milan et l’Olympique de Marseille, avant de débuter une carrière d’entraîneur relativement riche et variée. Sur le banc, il a ainsi dirigé plusieurs clubs et sélections : la Côte d’Ivoire entre 2012 et 2014, El-Jaish SC au Qatar, le Stade Rennais en Ligue 1, Nottingham Forest et Cardiff City au Royaume-Uni, ainsi que des équipes au Moyen-Orient comme Al-Duhail, Al-Riyadh et Al-Diriyah.

Ce choix, qui marque le retour aux sources de Lamouchi, né à Lyon de parents tunisiens, illustre la volonté de la FTF de combiner expérience internationale et identité culturelle forte pour revitaliser une équipe en quête de repères avant le rendez-vous majeur de l’été 2026 qui ne laisse aucun répit.

 

Un projet structuré et un salaire raisonnable

La nomination de Sabri Lamouchi s’inscrit par ailleurs dans une vision à moyen et long terme qui dépasse le simple cadre sportif immédiat. Car son projet intègre non seulement la préparation à la Coupe du monde 2026, mais aussi une ambition de modernisation du football tunisien, avec des axes clairs sur la formation des jeunes, le développement des entraîneurs locaux et la mise au goût du jour des méthodes de travail au sein de la sélection nationale.

Sur le plan financier, Lamouchi a accepté un salaire mensuel jugé « raisonnable » par la FTF, autour de 35 000 euros (soit environ 100 mille dinars tunisiens), nettement inférieur aux prétentions d’autres candidats tels que Franck Haise. Selon nos sources, cet aspect a grandement facilité l’accord dans un contexte budgétaire maîtrisé, requis en haut lieu. Une modération salariale qui reflète l’équilibre recherché entre exigences sportives et réalités économiques du football tunisien.

 

Une préparation intense avant le Mondial 2026

Avec la qualification déjà assurée pour la Coupe du Monde 2026 — où la Tunisie évoluera dans le groupe F aux côtés des redoutables Pays-Bas, du Japon et d’un adversaire issu des barrages européens —Lamouchi a désormais pour mission de préparer les Aigles à la compétition la plus relevée de leur histoire récente.

Le calendrier de préparation comprend une série de matchs amicaux internationaux, essentiels pour tester des joueurs, affiner les automatismes et dessiner une identité de jeu avant le grand rendez-vous de l’été 2026. La Tunisie disputera notamment les rencontres suivantes :

28 mars 2026 : Tunisie vs Haïti à Toronto, Canada.

31 mars 2026 : Tunisie vs Canada, également à Toronto.

Des rencontres supplémentaires suivront en juin contre des nations européennes (Autriche et Belgique) dans le cadre d’une préparation élargie avant le début du Mondial.

Ces matchs, programmés dès le mois de mars, offriront à Lamouchi l’opportunité de poser ses bases tactiques, d’évaluer de nouveaux talents et d’instaurer une dynamique positive au sein d’un groupe de qualité, qui ambitionne de briller sur la scène mondiale, malgré la dégringolade à la 47ème place (perte de 6 places) mondiale dans le classement de la Fifa mis à jour hier.