Des « prisons-hôpitaux » pour les détenus atteints de troubles psychiatriques ?

 Des « prisons-hôpitaux » pour les détenus atteints de troubles psychiatriques ?

Photo : Thibaud MORITZ / AFP

Gérald Darmanin travaillerait, avec la ministre de la Santé, sur la création d’un établissement pénitentiaire spécifique au cours de l’année. Une réponse aux dernières agressions en prison.

« Actuellement, 20 à 25% des détenus présentent des troubles, dont beaucoup nécessitent des soins », selon des propos d’un proche du ministre de la Justice, révélés par France Info (20 janvier).

Gérald Darmanin aurait décidé de s’attaquer à cette problématique avec la mise en place d’établissements pénitentiaires dédiés à l’accueil de détenus atteints de troubles psychiatriques.

En collaboration avec la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, le garde des Sceaux travaillerait à une solution pérenne pour améliorer les conditions de détention, comme les conditions de travail des surveillants.

Agents pénitentiaires avec une formation adéquate, structure médicale adaptée, une prison spécifique est espérée dans l’année.

Sélection

Ce type de structure existe déjà. Le centre pénitentiaire de Château-Thierry (Aisne) accueille en nombre restreint des détenus souffrant de pathologies psychiatriques sérieuses.

Gérald Darmanin réfléchirait à accueillir ce type de détenus à plus grande échelle pour répondre à une problématique d’ampleur.

Afin de définir et prendre en charge tous les détenus nécessitant des soins spécifiques, il sera indispensable d’effectuer une sélection. Selon les informations glanées auprès du ministère de la Justice, cette sélection serait conduite par le ministère de la Santé.

Centre pénitentiaire de Château-Thierry, dans le nord de la France – Photo de FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

Réponse urgente

Si ce sujet est mis en avant par le garde des Sceaux, c’est notamment en réponse à la multiplication des agressions de surveillants. Samedi (17 janvier), un élève surveillant était agressé par un détenu muni d’un couteau artisanal.

« Le détenu agresseur a été identifié comme présentant des troubles psychiatriques », réagissait Gérald Darmanin, sur le réseau social X. Le ministre a, dans la foulée, annoncé prendre des mesures pour doter tous les personnels de surveillance de bombes incapacitantes.

Le syndicat FO Justice s’est félicité de cette décision mais a, de surcroît, réclamé « l’accélération immédiate du déploiement des pistolets à impulsion électrique et des caméras-piétons » ainsi que « des dispositifs de soin adaptés pour la prise en charge des détenus souffrant de troubles psychiatriques ».