GHF à Gaza : les conséquences durables d’un simulacre humanitaire

Un enfant palestinien porte une boîte alors que des habitants quittent un point de distribution alimentaire géré par la Gaza Humanitarian Foundation (GHF), soutenue par les États-Unis et Israël, près du corridor de Netsarim, dans le centre de la bande de Gaza, le 5 octobre 2025. © Eyad BABA / AFP
La Fondation humanitaire pour Gaza (GHF) a distribué de l’aide humanitaire pendant six mois en 2025. Les conditions de distribution extrêmes ont laissé des traces dans les esprits palestiniens.
Mouvements de foule mortels, groupes mitraillés indistinctement, enfants blessés par balle : les Palestiniens risquaient littéralement leur vie pour obtenir quelques denrées dans les sites de distribution de la Fondation humanitaire pour Gaza (GHF).
Mise en place entre février et novembre 2025, mais réellement opérationnelle durant six mois, cette fondation contrôlait des points de distribution alimentaire militarisés qui avaient remplacé le système de distribution coordonné par les Nations unies.
Entièrement gérés par Israël, avec le soutien financier des États-Unis, seuls quatre sites de distribution étaient autorisés pour l’ensemble de la bande de Gaza.
Pour Médecins sans frontières (MSF), le chaos autour de ces points de distribution n’était pas fortuit :
« Comme l’a documenté un rapport de MSF en s’appuyant sur des données médicales, des personnes qui venaient simplement chercher de la nourriture (…) ont subi des niveaux de violence effroyables, à la fois ciblée et indiscriminée. »
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Pas de bilan officiel
Avec l’interdiction faite aux médias de pénétrer dans certaines zones de la bande de Gaza, aucun bilan officiel du nombre de victimes liées à la GHF n’a pu être vérifié.
Cependant, MSF a révélé qu’entre juin et octobre 2025, 32 décès et 1 885 patients blessés ont été enregistrés dans ses centres de soins de santé primaire d’Al Attar et d’Al Mawasi, à Khan Younès.
Le Haut-Commissariat des Nations unies a, quant à lui, dénombré plus de 2 140 morts et plus de 4 000 blessés.
Par ailleurs, selon les chiffres du ministère de la Santé de Gaza diffusés en juin 2025, près de 550 personnes auraient été tuées et 4 000 blessées autour des points de distribution alimentaire.
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Conséquences durables
« Les gens sont tués simplement en essayant de nourrir leurs familles et eux-mêmes. Aller chercher de la nourriture ne doit jamais être une condamnation à mort », déclarait le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, le 27 juin dernier.
Le ministère israélien des Affaires étrangères fustigeait alors l’ONU, l’accusait de « s’aligner sur le Hamas », avant d’affirmer que plus de 46 millions de repas avaient été distribués aux civils palestiniens. Mais à quel prix ?
MSF indiquait, dans un communiqué, soigner encore aujourd’hui de nombreux patients marqués par les violences autour des points de distribution gérés par le dispositif d’aide de la GHF :
« Il a plongé la population dans un état de peur extrême, tandis que les pénuries et la compétition pour les ressources ont provoqué des traumatismes et modifié les dynamiques communautaires. »
