Visas France/Algérie : le gouvernement tente d’éteindre la polémique

 Visas France/Algérie : le gouvernement tente d’éteindre la polémique

Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l’Europe, tente de désamorcer la polémique sur les visas entre la France et l’Algérie. © SIMON WOHLFAHRT / AFP

L’ambassadeur de France en Algérie a annoncé la volonté de Paris de rétablir le volume initial de délivrance de visas aux citoyens algériens. Le gouvernement se mue en pompier de service.

En bref

  • L’ambassadeur de France en Algérie a évoqué un retour possible au niveau d’avant-crise des visas délivrés aux Algériens.
  • Paris cherche à calmer les critiques provoquées par cette annonce diplomatique.
  • Benjamin Haddad affirme que la relation avec Alger restera conditionnée à des résultats concrets.
  • La droite et l’extrême droite dénoncent une décision jugée trop conciliante envers l’Algérie.
  • Le gouvernement met en avant plusieurs priorités : expulsions, sécurité, narcotrafic et coopération bilatérale.

Interrogé par LCI (18 juillet) sur l’accélération de la délivrance des visas pour les citoyens algériens, Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l’Europe, déclarait : « La relation avec l’Algérie (…) doit être conditionnée à des résultats très concrets. Ce n’est qu’en fonction des résultats que nous avancerons dans une direction ».

Le ministre tentait d’éteindre rapidement la polémique concernant les visas. En une déclaration et un chiffre, Stéphane Romatet, ambassadeur de France en Algérie, avait ravivé le feu des critiques.

Dans un entretien accordé à un média algérien (16 juillet), le diplomate avait annoncé que, selon la volonté du gouvernement, le volume de délivrance des visas augmenterait significativement à l’avenir : « Avant la crise, nous délivrions environ 250 000 visas par an (…) notre objectif, c’est de faire en sorte que le volume de visas que nous délivrons aux citoyens algériens (…) puisse revenir au niveau qu’il était antérieurement à la crise » entre la France et l’Algérie.

Réactions extrêmes ?

« Renoncement sur le retour des Algériens délinquants vers leur pays, renoncement sur l’équilibre des rapports entre nos deux pays, renoncement à rappeler l’emprisonnement arbitraire de notre compatriote Christophe Gleize », réagissait sur X (16 juillet) Bruno Retailleau, président des Républicains, à l’annonce de l’ambassadeur.

Les opposants d’extrême droite se sont également empressés de critiquer cette volonté du gouvernement. Marine Le Pen, présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale, fustigeait « l’ouverture totale des vannes migratoires par un pouvoir macroniste en bout de course n’est pas une option pour la France ».

Jordan Bardella (RN) s’insurgeait : « Nous refusons catégoriquement cette capitulation du macronisme face au régime algérien ». Eric Ciotti lui emboîtait le pas : « Une capitulation. Une humiliation. Une trahison ».

Objectifs pragmatiques

Par la voix de Benjamin Haddad, le ministère des Affaires étrangères assurait ne pas avoir fixé d’objectif chiffré pour la délivrance de visas.

Le ministre délégué chargé de l’Europe réaffirmait (18 juillet) que l’ambition du gouvernement était de défendre de « manière très pragmatique les intérêts du pays ».

Il a ainsi énuméré une série d’objectifs qui détermineront la relation de la France avec l’Algérie, parmi lesquels la réadmission des ressortissants qui sont obligés de quitter le territoire français, la lutte contre le narcotrafic, la libération de Christophe Gleize ou encore la coopération sur les objectifs sécuritaires.


Vos questions sur la polémique des visas France-Algérie

Pourquoi la question des visas France-Algérie provoque-t-elle des tensions ?

La délivrance des visas est devenue un sujet sensible dans les relations entre Paris et Alger, notamment depuis la crise diplomatique entre les deux pays.

Combien de visas la France délivrait-elle aux citoyens algériens avant la crise ?

Stéphane Romatet a indiqué qu’avant la crise, la France délivrait environ 250 000 visas par an aux citoyens algériens.

Le gouvernement français a-t-il fixé un nouvel objectif de visas ?

Benjamin Haddad a assuré qu’aucun objectif chiffré n’avait été fixé concernant la délivrance des visas.

Pourquoi la droite et l’extrême droite critiquent-elles cette annonce ?

Elles estiment que cette évolution traduit une concession excessive envers Alger sur les questions migratoires et diplomatiques.

Quelles conditions Paris pose-t-il à une évolution de la relation avec Alger ?

Le gouvernement cite notamment la réadmission des ressortissants sous obligation de quitter le territoire, la lutte contre le narcotrafic, la sécurité et la libération de Christophe Gleize.

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Charly Célinain

Charly Celinain est journaliste pour la rédaction web du Courrier de l’Atlas. Il participe à la production d’articles et réalise des vidéos d’actualité et de décryptage pour le site et les réseaux sociaux du média.