Saison Méditerranée 2026 : quand la France regarde vers ses deux rives

À Marseille, l’Été Marseillais fait vibrer une ville tournée vers la Méditerranée. En 2026, il s’inscrit dans la dynamique de la Saison Méditerranée
De Marseille à Lille, de l’Ardèche à Montpellier, la Saison Méditerranée 2026 fait entrer les cultures méditerranéennes dans toute la France. Jusqu’au 31 octobre, plus de 500 rendez-vous donnent une place particulière aux artistes, aux jeunesses et aux diasporas. Le Maroc et la Tunisie y occupent une place importante. Cinéma, photographie, danse, gastronomie, littérature et arts visuels racontent une Méditerranée vivante, loin des clichés.
La Saison Méditerranée se déroule du 15 mai au 31 octobre. Elle rassemble plus de 500 événements dans une soixantaine de villes, autour de quatorze disciplines. Artistes, créateurs, chercheurs, jeunes et acteurs des diasporas sont associés à cette programmation. Un grand événement qui veut renforcer les échanges avec les pays du Sud de la Méditerranée.
Le Maroc, la Tunisie, l’Algérie, l’Égypte et le Liban figurent parmi les principaux partenaires. Les œuvres circulent, les artistes voyagent et les rencontres se multiplient. Mais derrière cette programmation, une autre idée se dessine : raconter la Méditerranée depuis la France, avec celles et ceux qui la vivent des deux côtés.
La Tunisie au cœur de la fin de l’été
Les 21 et 22 août, à Lussas, en Ardèche, la Route du doc : Tunisie présentera une sélection d’une douzaine de films documentaires. Le programme revient sur quinze années de cinéma documentaire tunisien, avec des projections accompagnées de rencontres avec les cinéastes.
Ce cinéma ne regarde plus seulement vers le patrimoine. Une nouvelle génération de réalisateurs filme le présent : les transformations de la société, les territoires, les bouleversements politiques et les fractures sociales.
À travers leurs regards, c’est une Tunisie contemporaine, loin des images convenues, qui apparaît.
À Marseille, le couscous devient un langage commun
Autre rendez-vous majeur : Kouss.Kouss Herbes et Aromates, à Marseille, du 21 août au 6 septembre.
Le festival prend le couscous comme point de départ pour parler de migrations, d’histoires familiales et de pratiques culinaires contemporaines. À Marseille, les recettes voyagent avec les familles. La cuisine devient alors une mémoire vivante.
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Entre art contemporain et mémoire
À Mulhouse, l’exposition « Persistances » de Hassan Darsi se poursuit jusqu’au 25 octobre. Figure majeure de l’art contemporain marocain, l’artiste explore les transformations sociales, urbaines et politiques de son environnement. Villes, urbanisme, mémoire et espace public occupent une place centrale dans son travail.
Son regard contribue à déplacer l’image du Maroc. Il ne s’agit plus seulement de patrimoine ou de traditions, mais d’un pays confronté à ses propres transformations.
Cette présence méditerranéenne se retrouve aussi aux Rencontres d’Arles, jusqu’au 4 octobre, avec le travail de l’artiste photographe franco-algérien Bruno Boudjelal. L’exposition prend pour point de départ la ville de Tanger, tournée vers l’Europe, pour porter le regard sur les circulations, les échanges et les imaginaires du continent.
Les diasporas, au cœur de la Méditerranée
Les diasporas ne sont pas seulement invitées comme public. Elles participent à la création.
À Lille, l’exposition « Traversées », visible jusqu’au 27 septembre, réunit des artistes marocains, tunisiens et algériens avec des artistes français issus des diasporas. Leurs œuvres interrogent les identités, les territoires et les migrations.
À Marseille, le 19 septembre, la Friche la Belle de Mai accueillera « La Smala de Marseille », un projet porté par Accrorap et La Society. Des artistes du Maroc, de Tunisie, de Grèce, d’Égypte, de Chypre et de France y feront dialoguer langues, rythmes et imaginaires.
De la culture à la mémoire
À l’automne, plusieurs rendez-vous prolongeront cette exploration. À Montpellier, « En déséquilibre » de Mohamed Lekleti sera présenté du 26 septembre au 31 octobre. À Bordeaux, le Festival international des arts proposera également des rendez-vous les 1er et 2 octobre.
Une autre manière de raconter le Maghreb
Pour les diasporas maghrébines, la Saison Méditerranée offre ainsi bien plus qu’une succession de rendez-vous culturels. Elle donne à voir un Maroc et une Tunisie contemporains, portés par leurs artistes, leurs créateurs et leurs nouvelles générations.
Elle rappelle surtout que les liens entre les deux rives ne sont pas seulement faits d’histoire, de souvenirs ou d’héritages familiaux. Ils se construisent donc aujourd’hui, dans les villes françaises comme dans celles du Sud, à travers les œuvres, les rencontres et les trajectoires personnelles.
La Méditerranée n’est plus seulement une mer qui sépare. Elle devient un espace où les histoires se croisent, où les cultures circulent et où de nouveaux récits s’inventent.
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