Coup de cœur. Dima EL-Horr filme Beyrouth côté (a)mer

Dima El Horr et l’affiche de son documentaire Et les poissons volent au-dessus de nos têtes, à voir sur France TV.
Raconter la manière dont la guerre s’inscrit dans les corps et façonne la mémoire collective sans tomber dans le pathos ? Tel semble être le défi que relève, film après film, Dima El Horr. Dans Et les poissons volent au-dessus de nos têtes, la réalisatrice franco-libanaise renoue avec les rives de la Méditerranée et la corniche de Beyrouth pour donner à voir les cicatrices d’une ville meurtrie par des décennies de guerre, d’effondrements et de renaissances.
En bref
- Dima El-Horr retourne filmer la corniche de Beyrouth vingt ans après.
- Le documentaire suit trois hommes marqués par les guerres et les crises.
- La réalisatrice privilégie les silences et les gestes du quotidien.
- Le film interroge la mémoire collective du Liban.
- Il a été récompensé à Visions du Réel et au Festival international Jean Rouch.
Après avoir tourné sur cette même plage publique fréquentée uniquement par des hommes, Dima El-Horr choisit, vingt ans plus tard, de retourner sur le même bord de mer qui sert à la fois de décor et de refuge.
Face à l’immensité de la Méditerranée, elle retrouve Reda, rencontré deux décennies plus tôt. Il lui présente Adel et Qassem. Sa caméra se posera sur ces trois hommes plus tout à fait dans la fleur de l’âge. Ils parlent peu et observent beaucoup. Ils regardent la mer comme on s’accroche à un horizon lorsque tout vacille.
À travers eux, c’est tout un pays qui s’esquisse. Chacun d’eux porte en sourdine les stigmates de la guerre civile, des crises successives, des désillusions politiques et de l’effondrement économique. Ils n’attendent plus vraiment de miracle. Pourtant, ils reviennent, inlassablement, comme si ce rituel face à la mer constituait le dernier geste de résistance.
Tout en pudeur, Dima El-Horr signe un documentaire où les silences en disent souvent plus que les mots. Son regard, profondément humain, fait émerger la beauté fragile d’existences suspendues et capte l’invisible : la mélancolie d’un peuple qui continue de vivre, malgré tout. Il lui a valu le prix Zonta au festival Visions du Réel ainsi que le prix des étudiant.es. du Festival international Jean Rouch.
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Et les poissons volent au-dessus de nos têtes, de Dima El-Horr, disponible sur France TV.
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Vos questions sur « Et les poissons volent au-dessus de nos têtes »
De quoi parle le documentaire ?
Il suit trois hommes retrouvés sur la corniche de Beyrouth et explore les traces laissées par les guerres et les crises au Liban.
Qui est Dima El-Horr ?
Une réalisatrice franco-libanaise dont le travail s’intéresse à la mémoire, aux territoires et aux conséquences des conflits.
Pourquoi la mer occupe-t-elle une place centrale ?
Elle constitue à la fois un refuge, un lieu de mémoire et un espace de résistance pour les protagonistes.
Le film a-t-il reçu des récompenses ?
Oui. Il a obtenu le prix Zonta au festival Visions du Réel et le prix du jury étudiant du Festival international Jean Rouch.
Où voir le film ?
Il est disponible sur France TV.
