L’héritage de Fatema Mernissi rencontre le cinéma québécois

Fatema Mernissi, sociologue et écrivaine marocaine, dont l’œuvre est au cœur de l’hommage de cette 19ᵉ édition du Festival international du film de femmes de Salé.
Du 28 septembre au 3 octobre, le Festival international du film de femmes de Salé, aux portes de Rabat, rend hommage à Fatema Mernissi et met le cinéma québécois à l’honneur. Pour sa 19ᵉ édition, le festival fait dialoguer la pensée de l’intellectuelle marocaine avec les voix de plusieurs générations de réalisatrices.
En bref
- Le festival se tient du 28 septembre au 3 octobre à Salé.
- Fatema Mernissi est au cœur d’un hommage à son œuvre et à sa pensée.
- Le Québec est le cinéma invité de cette 19ᵉ édition.
- Quatre films québécois sont présentés dans cette section.
- La réalisatrice Anaïs Barbeau-Lavalette figure parmi les personnalités honorées.
- Projections, rencontres, masterclass et débats rythment la programmation.

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Faire vivre la pensée de Mernissi
Le festival rend hommage à Fatema Mernissi, disparue en 2015. Sociologue, écrivaine et figure majeure de la pensée féministe marocaine, elle a consacré une grande partie de son œuvre à la place des femmes dans les sociétés musulmanes.
À Salé, cet héritage passe d’abord par le cinéma avec Fatema, la sultane inoubliable, réalisé par Mohammed Abderrahman Tazi. Sorti en 2022, le film retrace le parcours de l’intellectuelle, entre itinéraire personnel, travail et environnement artistique.
L’hommage se prolonge par les livres, avec une cérémonie de signature et de lecture autour de plusieurs de ses ouvrages. Quatre œuvres de Mernissi ont récemment été traduites du français vers l’arabe par l’écrivain et traducteur El Houssine Shbane.
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Le Québec sous le regard des femmes
Autre temps fort de cette édition : le cinéma québécois, invité du festival. Quatre films donnent à voir différentes générations et sensibilités de réalisatrices.
Impetus, de Jennifer Alleyn, côtoie La Déesse des mouches à feu, d’Anaïs Barbeau-Lavalette. La sélection comprend également Fantas, d’Halima Elkhatabi, et Dounia, le grand pays blanc, coréalisé par Marya Zarif et André Kadi.
À travers ces œuvres, le festival explore l’évolution des représentations féminines dans le cinéma québécois. Identité, corps, liberté et rapports de pouvoir traversent cette sélection, qui met aussi en lumière de nouvelles générations de cinéastes.
Plusieurs réalisatrices seront présentes à Salé pour échanger avec le public et les professionnels. Halima Elkhatabi animera également une classe de maître.
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Une rencontre entre deux rives
Le rapprochement entre le Maroc et le Québec prend une résonance particulière avec Halima Elkhatabi, réalisatrice québécoise d’origine marocaine. Son parcours illustre les circulations entre les deux rives. Son film Fantas s’inscrit dans une programmation qui cherche à faire dialoguer les expériences plutôt qu’à les opposer.
Le Québec sera également présent dans la compétition internationale avec Amour apocalypse, d’Anne Émond, en lice parmi les neuf longs métrages de fiction sélectionnés.
Des voix marocaines au premier plan
La création marocaine conserve une place importante dans la programmation. Des courts métrages réalisés, écrits ou produits par des femmes seront présentés, aux côtés d’une sélection destinée au jeune public.
Les rencontres occuperont également une place centrale. Les réalisatrices marocaines Hind Bensari et Sofia Alaoui échangeront notamment sur leurs parcours et leur travail respectif.
Le séminaire de cette édition sera consacré aux rapports entre cinéma et société civile. Représentations sociales, droits des femmes et déconstruction des stéréotypes de genre seront au cœur des débats.
Une pensée, des regards
À Salé, l’hommage à Fatema Mernissi et la présence du cinéma québécois ne se répondent pas par un simple jeu de programmation. Ils mettent en regard deux façons de faire circuler les voix des femmes : celle d’une intellectuelle dont la pensée continue de traverser les frontières, et celles de cinéastes qui interrogent aujourd’hui le corps, l’identité, la liberté et les rapports de pouvoir.
Pendant six jours, Salé devient ainsi un lieu où les générations et les rives se croisent, avec le cinéma comme point de rencontre.

