Qui était Touria Chaoui, la première aviatrice du monde arabe ?

 Qui était Touria Chaoui, la première aviatrice du monde arabe ?

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Touria Chaoui, première aviatrice du monde arabe et pionnière de l’aviation marocaine, est devenue un symbole de l’émancipation des femmes au Maroc. À travers le témoignage exclusif de son frère Salah Eddine Chaoui, présent lors de son assassinat le 1er mars 1956, découvrez le destin exceptionnel de cette jeune femme, son brevet de pilote obtenu à seulement 15 ans, son engagement aux côtés de Mohammed V et l’héritage qu’elle a laissé dans l’histoire de l’aviation et de l’indépendance du Maroc.

En bref

  • Touria Chaoui est la première aviatrice du monde arabe et une pionnière de l’aviation marocaine.
  • Elle obtient son brevet de pilote à seulement 15 ans, malgré les obstacles imposés par le protectorat français.
  • Engagée aux côtés de Mohammed V, elle devient un symbole de l’émancipation des femmes et de l’indépendance du Maroc.
  • Le 1er mars 1956, veille de l’indépendance, Touria Chaoui est assassinée à Casablanca dans un crime jamais élucidé.
  • Son frère, Salah Eddine Chaoui, présent lors des faits, livre dans cet article un témoignage exclusif sur ce drame.
  • Aujourd’hui encore, Touria Chaoui demeure une figure majeure de l’histoire de l’aviation et de la mémoire nationale marocaine.

Qui était Touria Chaoui, première aviatrice du monde arabe ?

Sous protectorat français depuis 1912, le Maroc est traversé par un courant nationaliste. De la guerre du Rif (1920-1926) jusqu’à la déclaration d’indépendance de 1944, les revendications se font de plus en plus pressantes. Le discours de Tanger de 1947 et l’appui du sultan Mohammed Ben Youssef nourrissent un climat de confrontation entre les autorités du protectorat et les Marocains. Les tensions atteignent leur paroxysme avec l’arrivée du général Alphonse Juin, puis de son successeur, le général Guillaume. Le sultan Mohammed Ben Youssef est déposé le 20 août 1953 et forcé à l’exil. Son remplacement par Mohammed Ben Arafa engendre des émeutes populaires dans le pays, durement réprimées. Le 20 août 1953 démarre la Révolution du roi et du peuple. En août 1955 débutent les négociations d’Aix-les-Bains, en Savoie, et le 16 novembre, le sultan Mohammed Ben Youssef fait son retour triomphal à Rabat-Salé. Touria Chaoui y participe de manière spectaculaire. La déclaration commune franco-marocaine d’indépendance du Maroc doit intervenir le 2 mars 1956.

La veille, c’est une ambiance de fête dans les rues, avec pétards, musique et feux d’artifice pour un événement que le Maroc entier attend. À bord de la Morris verte familiale, au 32, rue de Bergerac, à Casablanca, vers 18 heures, Touria Chaoui, première femme aviatrice arabe et symbole de l’action féminine pour l’indépendance, est tuée par un homme que personne n’a jamais réussi à identifier. Le meurtre reste à ce jour non élucidé.

Le destin de Touria Chaoui s’inscrit ainsi dans l’histoire du Maroc moderne. Première femme aviatrice du monde arabe, elle devient rapidement une figure de l’émancipation des femmes marocaines et un symbole de liberté dont la mémoire demeure vivace.

Le témoignage exclusif de son frère Salah Eddine Chaoui

Le témoin : SALAH EDDINE CHAOUI

Auteur de « Ma sœur Touria, 1ère aviatrice du monde arabe », publié aux éditions L’Harmattan.

Originaire de Fès, père de quatre enfants, Salah Eddine Chaoui a aujourd’hui 72 ans. Frère unique de Touria, de huit ans son cadet, il est artiste peintre professionnel. Après des passages au Maroc et aux États-Unis, il gère désormais sa propre galerie à Vichy, dans l’Allier. Âgé de 11 ans au moment des faits, il assiste, impuissant, sur le siège passager, à l’assassinat de sa sœur alors au volant de sa voiture, le 1er mars 1956, veille de l’indépendance du Maroc. Il est l’auteur du livre « Ma sœur Touria, 1ère aviatrice du monde arabe », qui relate la vie de Touria Chaoui, son parcours dans l’aviation et les circonstances de son terrible assassinat.

L’enfance de Touria Chaoui à Fès

Ma sœur Touria est née le 14 décembre 1936 à Fès, alors sous protectorat français. Touria était une fille d’une intelligence exceptionnelle, élève brillante, bien élevée, enjouée et surtout très rêveuse. Elle aimait par-dessus tout fabriquer des petits avions en papier qu’elle projetait. Elle s’intéressait à tout ce qui se rapportait à l’aviation, regardant avec bonheur s’envoler les oiseaux. Cela représentait pour elle un sentiment de liberté.

Il faut dire que nous avons vécu, ma sœur et moi, dans un milieu très ouvert. Notre père était l’un des premiers journalistes marocains en langue française de l’époque coloniale. Son bac en poche, il a été embauché par Le Courrier du Maroc pour un travail au départ plutôt subalterne. Mais, grâce à sa fibre littéraire, on lui a confié une rubrique. Il nourrissait aussi une passion pour le théâtre. Il a d’ailleurs monté sa propre troupe. On l’appelait le « pionnier du théâtre marocain ».

Touria et lui ont ainsi participé au premier film français tourné à Fès, au Maroc, La Septième Porte, en 1948, réalisé par André Zwobada. Celui-ci confiera un second rôle à mon père, aux côtés de Georges Marchal et de Maria Casarès, et un petit rôle à ma sœur. Au cœur de cette époque conservatrice, le fait qu’une jeune fille puisse apparaître à l’écran était jugé scandaleux.

Comment Touria Chaoui est devenue la première femme aviatrice du monde arabe

Une école de pilotage réservée aux Européens à Tit Mellil

Après Fès, nous sommes allés vivre à Casablanca. Il y avait une école d’aviation à Tit Mellil, à une trentaine de kilomètres. Elle était réservée à l’élite européenne. Ma sœur a fait preuve d’une telle insistance que mon père a décidé de s’y rendre avec elle et lui a lancé : « On ne va pas faire de courrier. On va affronter les interlocuteurs directement. »

« Voyez cette Fatma qui veut piloter ! »

Ils se sont présentés et la situation a viré au cocasse, voire à l’humiliation. Mon père est allé voir le directeur de l’école, un certain Martin, qui a déclaré, hilare, à l’assistance : « Ouvrez grand vos oreilles, vous voyez cette petite Fatma, elle prétend prendre des cours de pilotage. » Éclat de rire général.

Malgré les railleries, Touria a persisté. Son rêve de devenir pilote était plus fort que les préjugés. À une époque où les femmes marocaines étaient largement écartées des métiers de l’aéronautique, elle refuse d’abandonner son ambition et poursuit sa formation.

Un brevet de pilote obtenu malgré les obstacles

Le jour de l’épreuve de vol de Touria, ils ont décidé de lui mettre des bâtons dans les roues. Ses instructeurs étaient deux hommes très différents : l’un, Delachnal, plutôt raciste, sévère et méprisant, qui ne voyait pas d’un bon œil l’inscription de ma sœur. L’autre, Neguerra, d’origine espagnole, qui avait beaucoup d’affection pour elle et l’encourageait à voler.

Au moment de l’examen, la météo était exécrable et il y avait une interdiction de voler. Martin, le directeur, lui a dit : « On n’a pas de place pour une autre journée. C’est à prendre ou à laisser. »

Touria s’est alors installée aux commandes de l’avion et a obtenu son brevet de pilotage. Cet exploit fait d’elle la première femme aviatrice du monde arabe et l’une des plus jeunes pilotes de son époque.

Le premier vol d’une pionnière de l’aviation marocaine

Une déflagration a suivi dans la presse. Elle était à la une de tous les journaux, même de ceux du protectorat. C’était un symbole fort qui a contribué à libérer la parole de nombreuses femmes marocaines. Touria Chaoui est rapidement devenue une icône.

Elle fut la plus jeune pilote au monde. À l’époque, aucune fille de moins de 18 ans n’avait jamais piloté à 4 000 mètres d’altitude. Son brevet de pilote et son premier vol ont marqué une étape importante dans l’histoire de l’aviation marocaine.

Touria Chaoui, une pionnière de l’émancipation des femmes marocaines

Une héroïne reçue par Mohammed V

Reçue par le sultan du Maroc, le futur Mohammed V, les princesses et les leaders nationalistes, Touria a aidé les Marocaines à prendre conscience de l’importance de leur indépendance. Elle souhaitait qu’elles se libèrent et qu’elles puissent exercer un métier, dans une société où les femmes avaient encore peu de place dans la vie publique.

Son parcours dépasse rapidement le seul domaine de l’aviation. Elle devient une héroïne pour toute une génération et une précurseure de l’émancipation des femmes marocaines.

Un symbole de l’indépendance du Maroc

On s’en doute, Touria a agacé beaucoup de monde. Les conservateurs, une partie de l’élite marocaine qu’elle avait défiée, mais aussi des membres du parti colonial, comme Présence française.

On commençait à se sentir visés et nous avons subi le bombardement de notre villa. Nous habitions rue Bonaparte et, grâce à un épicier, nous avons pu nous réfugier dans un hôtel voisin. À 4 heures du matin, notre maison a explosé. Sans notre départ, personne n’aurait survécu.

En 1955, avant que Mohammed Ben Youssef ne revienne à Rabat, ma sœur a présidé une délégation féminine qui lui a rendu visite à Saint-Germain-en-Laye, en France. Elle a demandé à pouvoir marquer le retour du sultan au Maroc, le 16 novembre 1955.

Elle obtient l’autorisation de larguer, depuis un Cessna blanc comme une colombe de paix, des milliers de tracts de bienvenue sur la route et au-dessus du palais royal. Ce geste spectaculaire contribue à faire de Touria Chaoui un symbole de l’indépendance du Maroc et de l’engagement des femmes dans l’histoire du pays.

Comment est morte Touria Chaoui ?

Le 1er mars 1956, veille de l’indépendance du Maroc, Touria Chaoui s’apprête à déposer son jeune frère avant de rejoindre l’aéro-club royal qu’elle a créé. Quelques instants plus tard, elle est victime d’un assassinat qui demeure, près de soixante-dix ans après les faits, l’un des grands mystères de l’histoire contemporaine du Maroc.

Le témoignage de son frère, présent lors de l’assassinat

Arrive le 1er mars 1956, une journée extraordinaire. Le lendemain, c’était l’indépendance. Dans les rues, liesse, feux d’artifice, pétards… Une journée particulière pour moi et qui m’a marqué au fer rouge.

Vers 17 h 30, je suis emmené chez ma sœur dans une institution, celle de la princesse Lalla Amina, destinée à former les jeunes filles à plusieurs disciplines. Nous sommes partis en voiture. Elle devait me déposer à la maison avant de prendre la route pour se rendre à l’aéro-club royal qu’elle avait créé. C’est devant chez nous que le drame s’est déroulé.

« On a tiré sur Touria »

Touria est arrivée et a klaxonné. Quelque chose m’a retenu dans la voiture et, l’éclair d’un instant, j’ai vu le profil hispanique d’un homme aux cheveux gominés tenant une arme à la main. J’ai pensé que c’était un ami qui voulait s’amuser.

Soudain, j’ai vu la tête de ma sœur inclinée sur la portière. Du sang coulait. Ma mère, qui a entendu les tirs, s’est précipitée au balcon, retenue uniquement par la présence à ses côtés de sa fille adoptive Rqia.

J’ai pris un taxi pour avertir mon père. Je n’ai pas prononcé le mot « assassinée », car je ne le comprenais pas. Je lui ai juste dit : « On a tiré sur Touria. » Il s’est écroulé.

La police française a monté un bureau de fortune en face de chez nous. Seul témoin oculaire, j’ai tenté de leur raconter ce que j’avais vu. Malgré ma douleur, car c’était un drame trop lourd pour un enfant. Soixante ans plus tard, c’est un moment qui me poursuit encore.

Qui a tué Touria Chaoui ?

Selon moi, les assassins sont marocains. La France n’avait aucun intérêt à éliminer Touria. Je pense qu’une « main » marocaine voulait effacer le symbole qu’elle représentait. Hélas, aujourd’hui encore, je ne vois pas comment on pourrait obtenir la vérité. Elle est morte à 20 ans.

Près de soixante-dix ans après les faits, l’assassinat de Touria Chaoui n’a jamais été officiellement élucidé. Plusieurs hypothèses ont été avancées, mais aucune enquête n’a permis d’identifier avec certitude le ou les commanditaires de ce crime, survenu la veille de l’indépendance du Maroc.

L’héritage de Touria Chaoui au Maroc

Au-delà de son destin tragique, Touria Chaoui demeure une figure majeure de l’histoire de l’aviation marocaine. Son parcours continue d’inspirer de nombreuses femmes marocaines et symbolise encore aujourd’hui le combat pour l’émancipation et l’égalité.

Les hommages rendus à la première aviatrice du monde arabe

Le jour de ses funérailles, à Casablanca, le cortège comptait trois ou quatre kilomètres de véhicules et une foule de gens lui ont rendu hommage.

Récemment, le Maroc, conscient du rôle qu’elle a joué dans l’émancipation des femmes, a diffusé une émission d’une heure sur la chaîne nationale.

Personnellement, je souhaiterais qu’on lui rende hommage en enseignant son histoire à la jeunesse. Certains aimeraient donner son nom à un aéroport. On pourrait, par exemple, rebaptiser l’aéroport de Fès-Saïs « aéroport Fès-Touria-Chaoui ». Cela titillerait la curiosité des voyageurs qui chercheraient à en savoir plus sur ce personnage hors norme.

Pourquoi Touria Chaoui reste une figure majeure de l’histoire de l’aviation

Première aviatrice du monde arabe, Touria Chaoui reste une pionnière de l’aéronautique au Maroc. Son brevet de pilote, son engagement pour l’indépendance, son combat en faveur des femmes marocaines et son destin tragique lui confèrent une place unique dans l’histoire de l’aviation et dans la mémoire nationale.

Le livre « Ma sœur Touria », de Salah Eddine Chaoui

Touria, un livre :

« Ma sœur Touria, 1ère aviatrice du monde arabe », Salah Eddine Chaoui, Éditions L’Harmattan.

« C’est un jour qui me marquera à tout jamais. » Salah Eddine Chaoui est toujours ému, près de 60 ans après les faits. Ce jour-là, le 1er mars 1956, veille de l’indépendance du Maroc, il est aux côtés de sa sœur Touria lors de son assassinat par un inconnu. Un meurtre qui ne sera jamais élucidé. Selon lui, « une « main » marocaine voulait effacer le symbole qu’elle représentait ».

Un symbole que Salah Eddine Chaoui a voulu coucher sur le papier pour que l’œuvre de sa sœur puisse être racontée et surtout « enseignée à la jeunesse ». Son livre « Ma sœur Touria, 1ère aviatrice du monde arabe », publié aux Éditions L’Harmattan, retrace la vie d’une jeune fille qui, depuis son plus jeune âge, ne rêvait que d’aviation. Des avions en papier dans la maison familiale à Fès jusqu’à ses premiers cours de pilotage à Tit Mellil, près de Casablanca, le lecteur découvre le parcours exceptionnel d’une femme libre qui a marqué l’histoire du Maroc.

Vos questions sur Touria Chaoui

Qui était Touria Chaoui ?

Touria Chaoui est la première aviatrice du monde arabe. Née à Fès en 1936, elle obtient son brevet de pilote à seulement 15 ans et devient une figure de l’émancipation des femmes marocaines.

Pourquoi est-elle considérée comme la première aviatrice du monde arabe ?

Elle est la première femme issue d’un pays arabe à obtenir un brevet de pilote, devenant ainsi une pionnière de l’aviation dans le monde arabe.

Comment Touria Chaoui est-elle devenue pilote ?

Grâce à sa détermination, elle intègre l’école de pilotage de Tit Mellil, malgré les discriminations, et obtient son brevet de pilote à l’âge de 15 ans.

Comment Touria Chaoui est-elle morte ?

Le 1er mars 1956, à Casablanca, un assaillant assassine Touria Chaoui alors qu’elle se trouve au volant de sa voiture, à la veille de l’indépendance du Maroc.

Qui a tué Touria Chaoui ?

Les autorités n’ont jamais officiellement élucidé le meurtre. Plusieurs hypothèses désignent de possibles responsables, mais aucune enquête n’a permis de les identifier avec certitude.

Quel héritage Touria Chaoui a-t-elle laissé au Maroc ?

Touria Chaoui occupe une place majeure dans l’histoire de l’aviation marocaine. Elle incarne l’émancipation des femmes, et le Maroc honore toujours la mémoire de cette héroïne.

Yassir Guelzim

Yassir GUELZIM

Journaliste, auteur et réalisateur, Yassir Guelzim évolue depuis plus de vingt-cinq ans entre presse écrite, radio, télévision et documentaire. La constante de son parcours : décrypter les dynamiques politiques, les sociétés en mouvement et les fractures du monde contemporain.Collaborateur du courrier de l'atlas depuis 2017, il a également travaillé en tant que journaliste à LCI pendant près de quinze ans mais aussi France 3, RMC Moyen-Orient–RFI, France Inter et France Culture, couvrant notamment les élections marocaines de 2002 et de nombreux enjeux liés au monde arabe et à l’espace méditerranéen.Son travail s’est progressivement étendu à l’écriture et à la réalisation documentaire. Co-auteur et co-réalisateur de L’Archipel des Français Libres (France 5, 2021), il explore les mémoires maritimes et les trajectoires méconnues de l’histoire française. L’ouvrage tiré du film reçoit une mention du jury du Prix Étienne Taillemite en 2023. En 2024, il signe également La Prohibition Américaine, une aubaine française, diffusé sur France 5 dont un ouvrage aux éditions Mon Autre France sortira en octobre 2026.Fondateur de la société Mediterranean Press TV News Production, qu’il dirige pendant dix ans, il produit des reportages et documentaires diffusés sur Arte, France 24, Al Jazeera ou Sky News Arabic.Diplômé du département de Sciences Politiques de Paris La Sorbonne et de l'Université de sciences économiques de Montpellier I, Yassir Guelzim conjugue regard analytique, rapport économique et exigence narrative. Spécialisé sur l'économie, il peut aussi traiter de questions politiques, géopolitiques ou sociétales. Ses articles et interviews interrogent les rapports de pouvoir, les identités politiques et les mutations géopolitiques, avec une attention particulière portée sur le Maroc, l'Afrique, le Proche-Orient et les sociétés méditerranéennes.