Société. Une pétition appelle à dire « Non à l’islamophobie » dans l’éducation

La polémique actuelle sur la présence de l’islam en France indigne de plus en plus dans les milieux universitaires. Une pétition lancée par des enseignants appelle ainsi à rejeter le « climat de suspicion et de délation » à l’encontre des musulmans qui s’instaure en France, notamment après les déclarations de responsables politiques.

Les 135 premiers signataires de la pétition tirent la sonnette d’alarme : « une ligne rouge a été franchie » ces dernières semaines, estiment-ils, en référence à la polémique grossissante sur les signes religieux. « L’appel à une “société de vigilance” par le président Macron le 8 octobre, suivi par le ministre de l’Intérieur faisant la liste des “signes qui doivent être relevés” pour repérer une “radicalisation”, font entrer la société française dans un climat de suspicion et de délation qui met en danger les musulmanes et les musulmans de notre pays », s’indignent ces enseignants.

La pétition, qui cumule plus de 2000 signataires en deux jours, appelle à refuser l’islamophobie dans le milieu éducatif. Un appel entre autres motivé par l’envoi aux étudiants et enseignants de l’université de Cergy d’un formulaire destiné à détecter les « signaux faibles de radicalisation ». « Une fiche qui rappelle les pires heures de notre histoire », ajoutent-ils.

Les auteurs de la pétition pointent également les nombreuses déclarations irresponsables du ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer. Il expliquait ainsi fin août qu’« il y a plus de petites filles que de petits garçons qui ne vont pas à l’école maternelle pour des raisons sociétales » ou encore que « le fondamentalisme islamiste dans certains territoires a fait que certaines petites filles vont à l’école le plus tard possible », au mépris de la réalité même des faits établis par les statistiques ministérielles.

Les enseignants signataires, travaillant en école, collège, lycée ou à l’université, lancent donc cette pétition pour s’opposer « à la manière dont la laïcité est systématiquement détournée pour stigmatiser l’islam ». Ils mettent en garde contre ces discours qui pourraient faire en sorte qu’« une partie de nos élèves et de leurs parents à se sentir rejeté.e.s par le service public d’éducation ».

« Nous ne sommes pas dupes : comme toujours, en temps de crise économique et sociale, les pratiques religieuses d’une partie de la société sont utilisées à des fins politiciennes pour faire diversion. Au moment même où l’action du ministre Blanquer est fortement remise en question et où le gouvernement prépare une réforme des retraites très contestée, l’obsession islamophobe est de retour », concluent-ils.

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