Tunisie.Elections 2019 : 75% des jeunes et des femmes opteraient pour l’abstention

La Ligue des Electrices Tunisiennes (LET) est une ONG fondée en avril 2011 par l'universitaire Besma Soudani Belhadj

Environ 75% des jeunes et des femmes n’auraient pas l’intention de participer aux prochains scrutins législatifs et présidentiel de 2019 selon une étude aux chiffres préoccupants présentée au Parlement le 7 janvier.

Une séquence vidéo insolite, devenue virale en quelques jours, montre une habitante de Jendouba confondre le 5 janvier le gouverneur, pourtant habillé en uniforme, avec le chef du gouvernement Youssef Chahed 

Ainsi d’après la vice-présidente de la Ligue des électrices tunisiennes Turkia Ben Khedher, qui s’exprimait lors d’une audition devant la Commission parlementaire des affaires de la femme, le la famille, de l’enfance et des personnes âgées, ces statistiques sont le résultat d’une étude menée en tandem par la Ligue et l’organisation de vigilance ATID, sur la base d’un échantillon recouvrant l’ensemble des 24 gouvernorats du pays.

Pour Ben Khedher cette inquiétante et grandissante réticence serait principalement due à « l’absence d’amélioration de la situation sociale des franges sociales sondées, ainsi qu’à une certaine désillusion face à l’échec des partis politiques dès lors qu’il s’agit de mettre en œuvre leurs programmes électoraux ».

Déficiences en matière de culture politique

La responsable associative a par ailleurs relevé qu’environ 67% des femmes des zones rurales n’étaient même pas au courant des élections municipales de 2018 ont eu lieu... Un chiffre qu’elle met en parallèle avec le fait que le nombre de citoyennes ne possédant pas de pièce d’identité nationale est d’environ 300.000 femmes.

Pour ce faire, une initiative civile de la Ligue a lancé un projet de délivrance de cartes d’identité pour près de 700 femmes. La vice-présidente de la Ligue des électrices tunisiennes a en outre rétrospectivement qualifié le pourcentage de participation des femmes aux élections municipales 2018, qui pour rappel n’a pas dépassé les 20%, de « violence politique », 80% des femmes inscrites n’ayant finalement pas eu leur mot à dire, relevant que la proportion des conseillères dans les municipalités atteint malgré tout les 47%.

Experte auprès de la Ligue des femmes tunisiennes, Aicha Belhassen, a fait remarquer quant à elle que beaucoup d’irrégularités avaient été constatées lors des dernières élections municipales, ajoutant qu’elles ne se seraient pas produites s’il existait des lois plus dissuasives.

La même étude a aussi mis en exergue une « confusion dans le calendrier électoral » changé à plusieurs reprises, qui a eu un impact négatif sur l’enregistrement des femmes, ainsi que sur la faible présence de la composante féminine dans les organes subsidiaires des élections.

Les interventions des députés se sont concentrées sur la possibilité d’inclure des parités dites « horizontale et verticale » au cours des prochaines élections législatives et de la présidentielle.

La députée Hayet Amri a enfin estimé que la baisse du nombre de femmes électrices rurales lors des municipales de 2018 (-7%) par rapport au scrutin des législatives et de la présidentielle de 2014 est moins imputable à l’éloignement des bureaux de vote qu’au manque de sensibilisation des femmes à participer aux élections.

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