L’appel des 155 universitaires pour le droit de critiquer Israël

 L’appel des 155 universitaires pour le droit de critiquer Israël

© AHMAD GHARABLI / AFP


155 universitaires et défenseurs des droits humains ont affirmé, dans un appel international, qu'ils continueront à critiquer "librement" Israël, résister aux intimidations et dire tout le mal qu'ils pensent de la politique israélienne vis-à-vis des Palestiniens.


Les signataires de cet appel se sont élevés contre les attaques et licenciements récents d'universitaires tels que Marc Lamont Hill à Temple University (Philadelphie) aux Etats-Unis, et Tim Anderson à l'Université de Sydney, en Australie.



"Les institutions universitaires doivent défendre la liberté d'expression et nous nous opposons à la campagne menée dans différents pays et consistant à réprimer celles et ceux qui défendent les droits des Palestiniens", ont déclaré ces universitaires, journalistes, militants des droits de l'Homme, médecins, artistes et hommes de culture de plusieurs pays, dont entre autres les Etats-Unis, l'Italie, le Royaume-Uni, l'Australie et l'Espagne.



L'appel, qui reste ouvert pour de nouvelles adhésions, ne comporte, pour le moment, aucune signature de personnalités françaises.



Les signataires ont également rappelé que d'autres universitaires comme Steven Salaita et Norman Finkelstein ont été victimes de ces attaques, et que des menaces similaires pèsent sur Hatem Bazian, Ahlam Muhtaseb, William Robinson, Rabab Abdulhadi, et d'autres, récusant l'exception que constitue la défense des droits des Palestiniens à la liberté d'expression.



"On peut critiquer librement, et y compris manquer de respect, quand il s'agit des gouvernements, religions, opinions politiques, etc., sauf quand il s'agit des actions et de la politique israéliennes. Ceux qui osent les critiquer deviennent la cible de campagnes généreusement financées et savamment orchestrées pour bâillonner et/ou les détruire eux et leurs carrières", ont-ils soutenu.



Ils appellent toutes les institutions académiques, leurs professeurs et leurs étudiants, ainsi que le grand public, à "résister à ces tactiques d'intimidation et à défendre les principes de la liberté d'expression sur lesquels elles sont fondées, ainsi que toutes les sociétés libres et leurs  institutions".



Soutenir cet appel en signant ici :

https://diy.rootsaction.org/petitions/academic-institutions-must-defend-free-speech?just_launched=true

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.