Tunisie.Fuite des cerveaux : l’Ordre des médecins tire la sonnette d’alarme

45% des jeunes médecins qui étaient inscrits l’année dernière à l’Ordre des médecins ont quitté la Tunisie. A cela s’ajoutent environ 2000 ingénieurs ayant émigré vers d’autres cieux en 2017. Des chiffres confirmés par l’OCDE qui évalue qu’en six ans, près de 94.000 Tunisiens ont quitté leur pays vers l’Europe, ce qui en fait le deuxième pays de la région MENA le plus touché par ce phénomène.

Selon Nezih Zghal, secrétaire général de l’Ordre national des médecins, invité par RTCI, le chiffre a plus que quadruplé au cours des cinq dernières années. “En 2012, le taux de médecins ayant quitté le pays frôlait à peine les 9%”, a-t-il déploré

La révolution n’y a rien fait : l’inexorable fuite des cerveaux semble même s’accélérer. La Tunisie voit des milliers de ses compétences quitter le pays pour l’Occident et les pays du Golfe arabe. Or, il s’agit d’un pays avec très peu de ressources pétrolières et naturelles, qui compte par conséquent essentiellement sur son capital humain. Mais la dizaine de gouvernements qui se sont succédés depuis 2011 se sont révélés inefficients pour persuader les compétences à revenir au bled.

Par ordre hiérarchique, l’Europe, le Canada et les pays du Golfe arabe sont les destinations de prédilection de ces compétences dans la santé publique, l’éducation et le développement international. Des étudiants enfin restent en Occident une fois leurs études terminées.    


84% de l’ensemble de ces Tunisiens sont en Europe. Le coût moyen de la formation d’un étudiant en médecine étant de près de 100 mille dinars par an, c’est le contribuable tunisien qui est également perdant. En outre, 7% seulement des étudiants en médecine qui partent à l’étranger, reviennent en Tunisie.

Mais, il n’y a pas que les étudiants en médecine qui rêvent d’émigration. 8 000 cadres, 1200 hommes d’affaires, 1464 professeurs avaient déjà quitté le pays entre 2014 et 2015. Les motifs de cette fuite des cerveaux sont essentiellement d’ordre matériel. On estime que ces « migrants qualifiés » sont payés de 5 à 10 fois mieux à l’étranger. Le budget de la recherche scientifique a de surcroît chuté ce qui n’encourage pas les chercheurs à rester dans le pays.

La Tunisie figure en 2ème position dans le classement des pays arabes exportateurs de compétences, juste derrière la Syrie, pays en proie à la guerre civile.

S.S

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