Boxe. Le Marocain Bilel Jkitou, sacré champion d’Afrique des poids moyens

 Boxe. Le Marocain Bilel Jkitou, sacré champion d’Afrique  des poids moyens

Bilel Jkitou avec son coach et ses frères Rida et Rachid

 

Pour le premier 12 rounds de sa carrière, le Marocain Bilel Jkitou, 25 ans, toujours invaincu chez les pros, a remporté haut la main ce samedi 20 janvier, à domicile, à Laayoune, le titre de champion d’Afrique ABU laissé vacant, dans la catégorie des poids moyens (moins de 73kgs). Son adversaire, le Nigérian Rasheed Abolaji, pourtant plus expérimenté que Jkitou, a été contraint à l’abandon au début de la 7ème reprise. 

 

Seulement neuf combats chez les professionnels et déjà champion d’Afrique.

 

« La victoire de mon frère Rachid qui a combattu juste avant moi, m’a donné de la force », raconte Bilel.

 

Chez les Jkitou, la boxe est d’abord une affaire de famille. Il y a le plus connu, Rachid, champion du monde WBF, mais aussi Rida, également boxeur professionnel. Il faudra désormais compter sur Bilel, qui monte en puissance après chaque combat.

 

Plus les rounds avançaient, plus je me sentais à l’aise », explique Bilel Jkitou, qui a grandi en banlieue parisienne, à Nanterre, où il vit toujours. Il s’entraîne au R.S.O.A, le Red Star de Saint-Ouen. Sa famille est originaire de Khenifra et de Fès.

 

« Avec mon coach, on avait mis en place une stratégie : l’idée c’était de lui faire mal au maximum au corps. Et ça a marché », continue ravi le boxeur.

 

Touché au corps à la 3ème reprise, le Nigérien s’écroulera au 7ème round.

 

« Bilel a suivi les consignes, se félicite son coach Eric Tormos. Un bon travail de sape qui a fini par payer. Mais rien n’est dû au hasard », rappelle l’ancien entraîneur de l’équipe de France, coach depuis de nombreuses années du club du Red Star de Saint-Ouen.

 

« Il n’y a que le travail qui paie. Et Bilel s’est très bien préparé pour ce combat ».

 

« Pendant six semaines, deux fois par jour, je me suis entraîné durement », confirme Bilel, alternant les sorties sur la piste d’athlétisme et les mises de gants en salle. « La préparation est différente quand on dispute douze rounds. J’ai également fait pas mal de sparring, avec des boxeurs qui avaient le même profil que mon adversaire ».

 

Le prochain combat de Bilel Jkitou aura lieu en mars en France. Cette fois-ci, ce ne sera pas pour un titre. Un combat pour « préparer d’autres échéances », souligne son coach.  « On avance doucement mais sûrement », lâche Eric Tormos. « La boxe est un sport difficile. Il faut savoir être patient si on veut réussir », conclut l’entraîneur.

 

Nadir Dendoune

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.