Tunisie.Saisie de drogue à bord d’un véhicule affilié à la présidence

L’affaire met dans l’embarras les communicants de la présidence de la République. La police a arrêté un conducteur en possession d’une grande quantité de cannabis et de cocaïne. Le suspect était à bord d’un véhicule appartenant à la présidence de la république tunisienne.

L’homme en question est un chauffeur coursier récemment recruté au sein de l’Institut tunisien des études stratégiques (ITES), un organe à Carthage relevant du Palais de la présidence de la République, expliquent des sources proches du dossier.

C’est l’avocate Leila Haddad qui la première a révélé ce scandale fort gênant pour l’exécutif, expliquant que « de fortes pressions sont aujourd’hui exercées pour faire libérer le suspect, y compris de la part de responsables de partis politiques ». « On tente d’étouffer l’affaire, et ce conducteur pourrait n’être que le maillon faible d’un vaste réseau. L'enquête est en cours, reste à espérer qu'elle sera prise au sérieux... », ajoute Haddad.

Mercredi le syndicat de base des agents, cadres et employés de la présidence de la république a réagi en tenant à préciser que le suspect dans cette affaire n’appartient pas à leur corps, une façon pour la garde républicaine de neutraliser en amont les rumeurs de connivence au sein des services, dont sont friands les réseaux sociaux. Le syndicat explique en effet qu’« il s’agit d’un contractuel qui a été recruté six mois auparavant, directement par la direction de l’ITES ».

Pour autant, et même s’il n’est apparemment pas son garde du corps particulier comme cela a été ébruité dans un premier temps, l’affaire fragilise le patron de l’ITES, Neji Jalloul, charismatique figure de Nidaa Tounes, nommé à ce poste après son départ du ministère de l’Education sous la pression de l’UGTT en mai 2017.

Intercepté en flagrant délit avec d'importantes quantités

Actuellement en détention dans la prison de la Mornaguia, le conducteur et son accompagnateur seront selon la juriste Me Leila Haddad bientôt présentés à un juge d’instruction de la 4ème chambre du Tribunal de première instance de Tunis 2. Selon les médias locaux, il serait lié à un réseau de dealers dirigé par un repris de justice connu dans le quartier sud de Tunis, al-Mourouj sous le pseudonyme de « Oueld El-Ayaria ».

C’est dans la région de Ben Arous, dans la banlieue sud de la capitale, que l’homme ainsi qu’un passager ont été interceptés par un contrôle de routine des forces de police la nuit du 4 au 5 septembre 2018, dans une voiture Renault à usage administratif portant l’immatriculation de la présidence de la république.

Dans le coffre, les agents de police ont alors saisi quelques dizaines de plaquettes de cannabis (correspondant à un poids d'1 kilo et demi) ainsi que 300 grammes de cocaïne, et la somme de 40.000 dinars tunisiens en liquide (l’équivalent d’environ 13 mille euros), des quantités et une somme vraisemblablement liées à un trafic de stupéfiants.

Si certains font d’ores et déjà le parallèle avec les passe-droits d’Alexandre Benalla qui ont ébranlé l’Elysée en France, toutes proportions gardées, l’affaire interroge sur les procédures de vérifications du background des agents employés par des institutions aussi sensibles que celles du sommet de l’Etat.

Seif Soudani

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