Violences contre les femmes étrangères : un guide pour défendre leurs droits

 Violences contre les femmes étrangères : un guide pour défendre leurs droits

Migrants tentant de traverser la Manche depuis Gravelines, France, vers la Grande-Bretagne, avec femmes et enfants, le 27 septembre 2025. (Photo : Sameer Al-DOUMY / AFP)

En France, les femmes étrangères sont particulièrement exposées aux violences, et des associations publient un guide pour les aider à faire valoir leurs droits face aux abus sexistes et administratifs.

 

Le nombre de femmes victimes de violence est en augmentation, et les femmes étrangères y sont plus exposées que la moyenne. Selon une enquête de 2023, les femmes demandeuses d’asile subiraient 18 fois plus de viols que la population féminine en France. Dans une autre enquête (juin 2019), 75 % des femmes étrangères déclaraient avoir été exposées à une forme de violence.

C’est pourquoi la fédération nationale Solidarité Femmes, Gisti et La Cimade ont publié le guide « Face aux violences, les droits des femmes étrangères » (février 2026).

« Cette publication fournit des ressources juridiques et pratiques pour affronter les obstacles rencontrés tout au long du parcours des femmes étrangères exposées à des violences et pour répondre à leurs différents besoins », explique Gisti.

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Une vulnérabilité accrue

Le guide rassemble plusieurs outils de défense des femmes étrangères. Plus vulnérables, elles peuvent notamment se retrouver sous l’emprise d’agresseurs les menaçant de leur faire perdre leur titre de séjour si elles portent plainte, ce qui serait synonyme d’expulsion.

Selon La Cimade, aux violences sexistes commises par ces agresseurs s’ajoutent la violence des institutions publiques.

« Leur situation [femmes étrangères, ndlr] se caractérise par une imbrication et une juxtaposition avec d’autres formes de discrimination, notamment liées à leur situation administrative, qui les surexposent au risque de victimisation secondaire dans leurs démarches d’accès au droit et à la justice », rappelle l’association.

Cette dernière déplore la stricte application des politiques migratoires au détriment de la lutte contre les violences sexistes.

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Pressions et discriminations

La possibilité de faire valoir ses droits commence par la reconnaissance des violences subies et donc par le dépôt de plainte. Une étape qui peut devenir un véritable obstacle, comme le pointe Cimade :

« Les femmes étrangères sont aussi confrontées aux préjugés et aux pratiques discriminatoires, empreints de suspicion de la part des forces de l’ordre ou de la justice, qui réduisent notamment leur possibilité de déposer plainte. »

Une fois ce premier obstacle passé, l’association regrette que les femmes étrangères soient souvent « exclues de certains dispositifs de prise en charge, comme l’aide universelle d’urgence ».

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L’obstacle du dépôt de plainte

En fin de semaine dernière (5 mars), la fédération nationale Solidarité Femmes révélait les chiffres des appels au 3919, ligne d’écoute des femmes victimes de violence.

En 2025, les appels ont augmenté de 7,8 %. De plus, 6 % des appels concernaient des violences administratives, comme la confiscation des papiers d’identité d’une femme étrangère, par exemple.