Aubervilliers rend hommage à Mouloud Aounit en cette date symbolique du 17 octobre

 Aubervilliers rend hommage à Mouloud Aounit en cette date symbolique du 17 octobre

Mouloud Aounit


En ce jour très spécial du 17 octobre, journée commémorative du massacre de centaines d’Algériens à Paris et en banlieue, le Festival des villes des musiques du monde, qui fête cette année ses vingt ans, en partenariat avec l'association "93 au cœur de la République", a choisi de rendre hommage à Mouloud Aounit. Une soirée qui aura lieu à l’Espace Renaudie d'Aubervilliers, dans cette ville de Seine-Saint-Denis où a toujours vécu Mouloud Aounit. 


Depuis le 15 février 2014, une rue d'Aubervilliers porte même le nom de cet infatigable défenseur des droits de l'homme.


"C'est normal que nous rendions hommage à Mouloud un 17 octobre. Mouloud a été un militant antiraciste toute sa vie. Il a été de toutes les luttes, de tous les combats, comme celui de la Palestine, mais aussi pour la reconnaissance par la France officielle de la répression sanglante d’octobre 1961", rappelle Zina Terki, présidente du "93 au cœur de la République", une association créé par Mouloud Aounit. 



Le 17 octobre 1961, 20 000 Algériens manifestent à Paris contre le couvre-feu décidé par le préfet de police de la Seine, Maurice Papon. Durant la nuit et les jours qui suivent, les forces de l’ordre arrêtent, torturent, assassinent. Des corps sont jetés dans la Seine. En l’absence d’enquête, le bilan exact reste impossible à établir, jusqu’à 250 victimes peut-être.



"Mouloud a été le premier leader antiraciste à l’échelle nationale à avoir osé soulever le débat sur l’islamophobie et les nouvelles formes de discriminations raciales dans le société française", lâche son ami Vincent Geisser, rappelant qu'il a "payé très cher de sa personne, régulièrement victime de campagnes de dénigrement et de diffamation". "Mais il a toujours fait face avec intelligence, passion et esprit de lutte. Il reste pour nous un modèle", conclut le sociologue. 



Au programme :

Témoignages d’Esther Benbassa (sénatrice de Paris), Boualem Benkhelouf, Zina Terki (présidente du « 93 au cœur de la République », Vincent Geisser (chercheur CNRS), les amis de Mouloud Aounit avec la projection d’un documentaire réalisé par Eric Garreau suivi d’un voyage musical, avec Titi Robin et le 93 Super Raï Band.


Nadir Dendoune


 


Mardi 17 octobre à 19 h 30

Espace Renaudie

30 rue Lopez et Jules Martin – Aubervilliers

(métro ligne 7 : Fort d’Aubervilliers)

Entrée : 3 €

Infos et Resa : www.villesdesmusiquesdumonde.com

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.