Des artistes interpellent le monde culturel après la polémique autour de Barbara Butch

 Des artistes interpellent le monde culturel après la polémique autour de Barbara Butch

L’œuvre This work carries no meaning #18 de Mahdi Baraghithi, utilisée pour illustrer la tribune d’artistes « Votre indifférence ne sauvera pas la Palestine », publiée dans Mediapart le 29 juillet 2026. © Mahdi Baraghithi

Une nouvelle tribune publiée dans Médiapart et signée par des artistes et des professionnels de la culture dénonce ce qu’ils considèrent comme un traitement médiatique déséquilibré des prises de position liées à la guerre à Gaza. Elle intervient quelques jours après la publication, dans Libération, d’un texte intitulé « Agresser une DJ juive ne libérera pas la Palestine », signé notamment par Jonas Pardo, directeur de l’association Boussole antiraciste, qui revenait sur les mobilisations visant la DJ Barbara Butch.

 

En bref

  • Une tribune publiée dans Mediapart rassemble des artistes et professionnels de la culture autour du débat sur Gaza.
  • Les signataires critiquent le traitement médiatique de la polémique visant la DJ Barbara Butch.
  • Ils estiment que le débat s’est déplacé vers son identité plutôt que vers ses engagements politiques.
  • Le texte évoque plusieurs artistes ayant subi des pressions après des prises de position sur la Palestine.
  • Les auteurs interrogent la place de la liberté d’expression dans le monde culturel français.

Parmi les signataires figurent notamment l’actrice Adèle Haenel, la prix Nobel de littérature Annie Ernaux, la comédienne Florence Mendez ou encore l’acteur Slimane Dazi, aux côtés de nombreux artistes et professionnels de la culture.

Les auteurs contestent la manière dont la première tribune a, selon eux, posé le débat. Ils estiment que la discussion aurait déplacé l’attention des positions politiques de Barbara Butch vers son identité, en mettant en avant sa judéité et son orientation sexuelle. Pour eux, cette approche contribuerait à entretenir une confusion entre antisionisme et antisémitisme, qu’ils considèrent comme un enjeu central des débats actuels autour de la question palestinienne en France.

Les signataires précisent que leur critique ne porte pas sur l’identité de l’artiste mais sur des engagements qu’ils qualifient de politiques. Ils évoquent notamment son soutien à une proposition de loi visant à élargir la définition de l’antisémitisme, ainsi que sa participation à un événement culturel à Tel-Aviv en 2025, dans un contexte marqué par la guerre à Gaza. Selon eux, ces prises de position publiques doivent pouvoir être discutées dans le champ artistique et politique.

La tribune revient également sur plusieurs controverses ayant touché des artistes engagés en faveur des droits des Palestiniens. Les auteurs évoquent des situations de censures, d’annulations ou de pressions qui auraient concerné plusieurs personnalités du monde culturel en raison de leurs prises de position sur Gaza. Ils citent notamment la metteuse en scène Tamara Al Saadi, les artistes Habibitch, Médine, Adam Laloum, Yung Yude, Blanche Gardin ou encore la philosophe Judith Butler.

Le texte établit également un parallèle avec les artistes palestiniens tués depuis le début de la guerre à Gaza. Les signataires mentionnent notamment l’artiste visuelle Amna Al-Salmi, la photographe Fatma Hassona ou encore le musicien et ancien footballeur Suleiman Obeid. Ils interrogent la place accordée à la liberté d’expression dans le monde culturel français, estimant qu’elle ne peut pas se limiter aux débats concernant des artistes en France mais doit aussi prendre en compte les voix palestiniennes.

« Auriez-vous signé cette tribune si Barbara Butch, toujours juive, toujours lesbienne, défendait à son tour le peuple palestinien ? », écrivent-ils.

Une question qui, selon eux, pose celle du traitement différencié réservé aux engagements publics selon les causes qu’ils défendent.

 

Lien de la tribune :  Votre indifférence ne sauvera pas la Palestine


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Vos questions sur la tribune d’artistes après la polémique autour de Barbara Butch

Qui a signé la tribune publiée dans Mediapart ?

La tribune est signée par plusieurs artistes et professionnels de la culture, parmi lesquels Adèle Haenel, Annie Ernaux, Florence Mendez et Slimane Dazi.

Pourquoi cette tribune intervient-elle après l’affaire Barbara Butch ?

Elle intervient après une première tribune publiée dans Libération concernant les mobilisations visant la DJ Barbara Butch et le débat autour de ses engagements liés à la guerre à Gaza.

Que reprochent les signataires au débat médiatique ?

Ils estiment que la discussion a déplacé l’attention des positions politiques de Barbara Butch vers son identité, notamment sa judéité et son orientation sexuelle.

Quels artistes sont cités dans la tribune ?

Les auteurs mentionnent notamment Tamara Al Saadi, Habibitch, Médine, Adam Laloum, Yung Yude, Blanche Gardin et Judith Butler.

Quel lien la tribune fait-elle avec les artistes palestiniens ?

Les signataires évoquent plusieurs artistes palestiniens tués depuis le début de la guerre à Gaza pour interroger la place accordée à leurs voix dans les débats culturels.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.