Un Saoudien prend la tête de la plus importante organisation de défense des droits de l’homme

 Un Saoudien prend la tête de la plus importante organisation de défense des droits de l’homme

Faisal bin Hassan Trad (G)


 


Fondée en 1945, juste après la fin de la seconde guerre mondiale, l’ONU nous étonnera toujours. Créée pour "faciliter la coopération dans la sécurité et le droit international, le développement économique, le progrès social, et les droits de l'homme (!), l’organisation vient de choisir Faisal Trad, ambassadeur de l'Arabie Saoudite à Genève, pour présider le Conseil des… droits de l'homme, dont la 30ème session ouvrira ce lundi 21 septembre.


 


L’ambassadeur d'un des pays le plus critiqué pour le statut qu’il reconnaît aux femmes, aux minorités et aux dissidents politique a donc pris la tête de la plus importante organisation de défense des droits de l’homme dans le monde.


Le but de ce Conseil est de nommer les cinq hauts fonctionnaires qui édictent les standards internationaux, de choisir les personnes qui vont occuper plus de 77 postes relatifs à la défense des droits de l’homme dans différentes régions du monde et d’informer sur les violations perpétrées en matière de droits de l’Homme. Rien que ça…


La nomination de Faisal Trad est donc grave en médiocrité. Elle montre surtout l'inutilité d'une telle organisation où la loi du plus fort et où les intérêts économiques priment souvent sur l'éthique et la morale. 


Selon des rumeurs, comme le rapportent plusieurs sites d'informations britannique, le choix de Faisal Trad, avait été tranché dès juin, mais il avait été tenu secret, pour des raisons qu'on devine aisément : l'ONU redoutant de voir s'élever la grogne. 


D'ailleurs, les critiques ne se sont pas fait attendre. « Il est scandaleux que l’ONU ait choisi un pays qui a exécuté plus de gens que Daesh cette année pour présider le panel du Conseil des droits de l’homme», a déclaré le directeur exécutif de l'ONG "UN Watch Hillel Neuer", ajoutant que ce sont « le pétrole, les dollars et la politique » qui nuisent aux droits de l’homme ».


 


Nadir Dendoune

Avatar photo

Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.