La députée palestinienne Khalida Jarrar libérée après 2 ans de prison

 La députée palestinienne Khalida Jarrar libérée après 2 ans de prison

La députée palestinienne Khalida Jarrar se rend sur la tombe de sa fille morte à l’âge de 31 ans d’un arrêt cardiaque, après 20 mois de détention administrative dans la prison israélienne de Ramallah, en Cisjordanie, le 26 septembre 2021. ISSAM RIMAWI / AGENCE ANADOLU / AGENCE ANADOLU VIA AFP

La députée palestinienne Khalida Jarrar, 58 ans, a été libérée ce dimanche 26 septembre, après avoir été incarcérée dans une prison israélienne pendant pratiquement deux ans.

 

L’armée israélienne avait arrêté Jarrar à son domicile de Ramallah le 31 octobre 2019, seulement huit mois après sa libération, après 20 mois de détention administrative sans n’avoir jamais été jugée.

En juillet 2021, l’une de ses filles Suha, 31 ans, décède à Ramallah à la suite de problèmes de santé. Cette mort subite donnera lieu à des appels massifs en faveur de la libération anticipée de la femme politique afin qu’elle puisse assister aux funérailles de sa fille, appels qu’Israël a rejetés.

Après sa libération ce dimanche, Khalida Jarrar s’est rendue sur la tombe de sa fille.

« Ils m’ont interdit d’assister aux funérailles de ma fille et de pouvoir poser un baiser sur son front », s’est émue Khalida Jarrar au cimetière. « Je n’ai pas pu lui dire adieu », a-t-elle ajouté avant de fondre en larmes. « La dernière fois que j’ai embrassé Suha, c’était la nuit de mon arrestation en 2019 », a encore déclaré la députée.

Jarrar a longtemps été la cible de l’occupation israélienne en raison de son franc-parler et de son activisme politique. Elle a passé la plus grande partie des six dernières années à l’intérieur des prisons israéliennes, comme entre juillet 2017 et février 2019 où elle a été placée en détention administrative.

La détention administrative permet à Israël de priver de liberté des personnes pendant plusieurs mois renouvelables, indéfiniment sans leur en notifier les raisons.

En 2015, elle avait également été condamnée à 15 mois de prison. Les autorités israéliennes lui interdisent également de voyager depuis 1988.

 

> Lire aussi : Vient de paraître : La toile carcérale. Une histoire de l’enfermement en Palestine

 

Avatar photo

Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.