Des militants pro-palestiniens perturbent l’arrivée du Tour de France à Paris

 Des militants pro-palestiniens perturbent l’arrivée du Tour de France à Paris

Des militant pro-Palestine manifestent pendant la dernière étape du Tour de France à Paris contre la présence d’une équipe israélienne. Hassan Mezine/LCDA

Ils ont choisi un endroit où ils étaient sûrs de ne pas être embêtés par les autorités et où ils « seraient visibles du plus grand nombre ». Un lieu tenu secret jusqu’au bout. Et c’est la Sorbonne à  Paris qui a été choisie par ces militants de la cause palestinienne bien déterminés à perturber l’arrivée de la Grande boucle à Paris.

La raison de leur colère ? La présence de l’équipe israélienne Israel-Premier Tech au sein du peloton.

Ce dimanche 24 juillet, il est 18.37, quand les coureurs du Tour de France passent devant l’Université parisienne La Sorbonne. Une vingtaine de militants sont là, arborant des drapeaux palestiniens et des pancartes. On peut y lire « Israël hors du Tour de France » ou « Non au sport washing ».

 

Moment particulier quand la voiture de l’équipe Israel-Premier Tech déboule et les voix des militants redoublent en décibels.

« La présence de cette équipe dans une compétition populaire fait partie d’une opération de propagande et de marketing du régime israélien pour faire oublier ses crimes envers le peuple palestinien » dénonce Imen Habib, animatrice de la campagne BDS France à l’initiative de cette opération.

 

Deux poids, deux mesures des instances internationales du sport

Imen Habib insiste surtout sur l’hypocrisie des dirigeantes sportifs. « Les autorités internationales du cyclisme savent sanctionner les Etats qui sont coupables de graves violations du droit international. Elles l’ont montré en refusant la participation d’équipes ou de sportifs russes. Il est alors inadmissible qu’elles acceptent une équipe israélienne dont la présence constitue un blanchiment par le sport en présentant une image innocente d’un État criminel », rappelle-t-elle.

Le propriétaire, le milliardaire israélo-canadien Sivan Adams assume les raisons politiques qui l’ont poussé à investir pour une telle équipe. En 2021, il reconnaissait d’ailleurs devant les caméras de France 2 se servir de l’équipe cycliste comme d’un outil pour redorer l’image d’Israël ternie par l’occupation et la colonisation de la Palestine.

Depuis 2020, une équipe israélienne participe au Tour de France. Et comme les deux autres années, pendant trois semaines (la durée de la compétition), à travers la France, des militants de la cause palestinienne ont tenté de perturber au maximum la course.

On a pu voir par exemple dans certains villages les plus reculés de l’hexagone fleurir des drapeaux palestiniens.

« On sera de nouveau là l’année prochaine sur la route du tour de France pour rappeler à Israël cet état d’apartheid qu’il n’est pas bienvenu en France », promet Imen Habib.

 

 

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.