Avec son film « Les Harkis » Philippe Faucon signe une œuvre pour apaiser les mémoires

 Avec son film « Les Harkis » Philippe Faucon signe une œuvre pour apaiser les mémoires

« Les Harkis », de Philippe Faucon. Avec Théo Cholbi, Mohamed Mouffok, Omar Boulakirba, Amine Zorgane, Pierre Lottin (1 h 22). Sortie en salle le 12 octobre.

« Les Harkis », le nouveau film de Philippe Faucon sort au cinéma ce mercredi 12 octobre. Il raconte les trois dernières années de la guerre d’Algérie, vue depuis une harka, une troupe militaire composée de harkis, les supplétifs de l’armée française.

 

Les Harkis de Philippe Faucon En 1h22 d’un film bien rythmé et sans pathos, le spectateur suit ces hommes qui ont quitté leur village et leur famille pour combattre aux côtés de la France. Alors que l’indépendance de l’Algérie arrive à grands pas, l’avenir de ces harkis, lui, apparaît de plus en plus sombre.

Il faut beaucoup d’intelligence, de courage et de maîtrise du sujet pour arriver à faire un film aussi juste sur un thème aussi clivant qui est le sort des harkis. C’est peut-être parce que Philippe Faucon a décidé de s’en tenir qu’à l’Histoire.

Rien, ni personne, n’est épargné. Ni la violence des harkis qui ont participé pour certains d’entre eux aux tortures de leurs frères algériens, ni celle des dirigeants du FLN qui ont su se montrer intraitables avec ceux qu’ils considéraient comme des traîtres, et ni surtout l’immense responsabilité de l’État français et du général de Gaulle, grandement coupable dans leur abandon en Algérie.

Si quelques milliers d’entre eux ont pu rejoindre la France, la majorité n’a pas eu d’autre choix que de rester dans un pays où ils étaient devenus des hommes à abattre.

 

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Quinze ans après « La Trahison », chronique de la désillusion d’un lieutenant français pendant la guerre d’Algérie, Philippe Faucon revient de nouveau de ce côté-ci de la Méditerranée. En plus de nous prouver une nouvelle fois qu’il est un grand cinéaste, Philippe Faucon réussit à expliquer une réalité complexe et délivre surtout une œuvre qui participe à l’apaisement des mémoires.

« Les Harkis », de Philippe Faucon. Avec Théo Cholbi, Mohamed Mouffok, Omar Boulakirba, Amine Zorgane, Pierre Lottin (1 h 22). Sortie en salle le 12 octobre.

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Nadir Dendoune

Nadir Dendoune est journaliste, chroniqueur, écrivain et réalisateur. Il collabore à la rédaction web du Courrier de l’Atlas, où il publie des chroniques et des récits mêlant engagement social, regard critique et expérience personnelle. Né à Saint-Denis de parents algériens, il s’est fait connaître du grand public par son parcours atypique et ses défis hors normes. Aventurier autodidacte, il entreprend un tour du monde à vélo avant de gravir l’Everest sans expérience préalable de l’alpinisme. Cette ascension donne naissance à son livre Un tocard sur le toit du monde (2010), récit autobiographique devenu un succès d’édition et adapté au cinéma en 2017 sous le titre L’Ascension.Auteur engagé, Nadir Dendoune explore dans ses ouvrages les thèmes de l’identité, de l’immigration et des fractures sociales. Dans Lettre ouverte à un fils d’immigré, il s’adresse à la jeunesse issue des quartiers populaires et interroge les déterminismes sociaux. Avec Journal de guerre d’un pacifiste, il revient sur son arrestation en Irak en 2003 alors qu’il servait de « bouclier humain », livrant un témoignage personnel sur la guerre et l’engagement. Il publie également Nos rêves de pauvres (2017), récit intime consacré à son père et à l’histoire de l’immigration algérienne en France.Son travail journalistique et littéraire se caractérise par une écriture directe, incarnée et accessible, nourrie d’expériences vécues. À travers ses chroniques et ses livres, il questionne les rapports de pouvoir, les inégalités sociales et la possibilité de s’affranchir des assignations.Au sein du Courrier de l’Atlas, il contribue au développement éditorial numérique et apporte une voix singulière, à la croisée du récit autobiographique, de l’analyse sociale et du témoignage engagé.