Guerre en Iran : la flambée des prix du pétrole menace la sécurité alimentaire au Moyen-Orient

 Guerre en Iran : la flambée des prix du pétrole menace la sécurité alimentaire au Moyen-Orient

Les États-Unis et Israël ont lancé des frappes contre l’Iran le 28 février, provoquant une riposte rapide de la République islamique qui a réagi par des attaques de missiles dans toute la région. La guerre a entraîné les puissances mondiales, bouleversé les secteurs mondiaux de l’énergie et des transports, et semé le chaos même dans les zones habituellement paisibles de cette région instable. (Photo par ATTA KENARE / AFP)

La guerre en Iran fait grimper les prix du pétrole et du carburant. Cette hausse impacte directement le transport et le coût des denrées alimentaires. Le Programme alimentaire mondial (PAM) alerte sur un risque d’aggravation de l’insécurité alimentaire dans plusieurs pays du Moyen-Orient, où des populations sont déjà fragilisées par l’inflation et les crises économiques.

 

Dans un communiqué publié le 8 mars, le PAM met en garde contre les conséquences de l’escalade militaire dans la région. « Cette escalade a déjà des effets dévastateurs pour les civils, avec des déplacements massifs, des pertes en vies humaines et la destruction d’infrastructures essentielles », précise l’organisation. La hausse des prix des denrées alimentaires pourrait accentuer la faim dans plusieurs pays de la région.

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Sécurité alimentaire menacée

L’Iran est touché de plein fouet par la crise actuelle. Le PAM souligne que la situation était déjà fragile, marquée par une insécurité alimentaire liée à une inflation élevée et à la dépréciation rapide de la monnaie.

Au Liban, cible de frappes israéliennes, la population est confrontée depuis plusieurs années à une grave insécurité alimentaire. À Gaza, les prix des denrées alimentaires étaient déjà très élevés avant l’escalade. La réouverture du passage de Kerem Shalom pourrait apporter un soulagement temporaire, mais insuffisant.

« Sans un accès régulier, le PAM pourrait être contraint de réduire les rations alimentaires à seulement 25 % des besoins quotidiens d’environ 1,3 million de personnes », avertit l’organisation. Avec l’embrasement régional, les délais de livraison de l’aide humanitaire s’allongent, exposant les populations les plus vulnérables à une aggravation de la faim et de la malnutrition.

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Ormuz, passage stratégique

Les tensions dans la région perturbent les chaînes d’approvisionnement mondiales. Ce détroit stratégique voit transiter près de 20 % du pétrole mondial. Toute perturbation du trafic entraîne une hausse rapide des prix de l’énergie, qui se répercute ensuite sur le transport, la production agricole et le coût des denrées alimentaires dans de nombreuses régions.

Risque de stagflation

La crise pourrait également peser sur l’économie mondiale. Les attaques contre les infrastructures énergétiques des États du Golfe et les perturbations du trafic maritime menacent l’approvisionnement en pétrole, en gaz et en produits alimentaires. Cette situation alimente un risque de forte inflation combinée à une croissance économique faible.

« Si le conflit au Moyen-Orient s’éternise, il pourrait provoquer un choc stagflationniste majeur pour l’économie mondiale et européenne », alertait le 9 mars le commissaire européen Valdis Dombrovskis.

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