Marrakech, scène montante des littératures africaines

 Marrakech, scène montante des littératures africaines

En quelques éditions, FLAM s’affirme comme un espace de circulation des idées et des œuvres

Du 23 au 25 avril, le Festival du Livre Africain de Marrakech (FLAM) revient pour une quatrième édition qui confirme son ambition : s’imposer comme une plateforme internationale des littératures africaines.

En l’espace de quelques années, cet événement, né en 2022, a progressivement gagné en visibilité, élargi sa programmation et renforcé son positionnement à la croisée des scènes africaines et diasporiques.

Placée sous le thème « Imaginer d’autres possibles », l’édition 2026 entend mobiliser la littérature comme espace de réflexion face aux crises contemporaines. Pendant trois jours, Marrakech accueillera rencontres, tables rondes, lectures et débats réunissant des auteurs venus du continent et de ses diasporas, dans un dialogue multilingue entre arabe, français et anglais.

Une ascension rapide depuis 2022

Depuis sa création en 2022, le festival a connu une évolution notable. Les premières éditions ont posé les bases d’un rendez-vous littéraire panafricain, en réunissant des écrivains de différentes générations et en mettant en avant la diversité des écritures africaines. Au fil du temps, les formats se sont multipliés — cafés littéraires, conversations, ateliers — et les lieux se sont étendus au-delà des espaces culturels classiques.

L’édition 2026 marque une nouvelle étape, avec une présence élargie dans plusieurs lieux de Marrakech, à commencer par la mythique place Jemaa el-Fna, ainsi que d’autres espaces culturels et universitaires de la ville et de sa périphérie, confirmant un ancrage territorial élargi.

Le festival est porté par Mahi Binebine, président et cofondateur, figure majeure de la scène culturelle marocaine. Écrivain et artiste plasticien exposé à l’international, il inscrit le projet dans une vision où la littérature devient un espace de dialogue et de circulation des imaginaires.

Une plateforme qui prend forme

Si certains indicateurs restent peu détaillés — fréquentation ou budget notamment —, le festival affiche une structuration de plus en plus affirmée. L’édition 2026 se déploie sur trois jours avec une trentaine d’auteurs annoncés, issus du continent africain et de ses diasporas, et une programmation organisée autour de trois langues principales.

Selon le programme officiel, le festival se tiendra principalement sur le site des Étoiles de Jemaa el-Fna. Placée sous la présidence d’honneur de J. M. G. Le Clézio, cette édition réunira notamment Yanick Lahens, Patrick Chamoiseau, Alain Mabanckou, David Diop ou encore Chigozie Obioma, aux côtés de nombreuses voix émergentes. La programmation privilégie les rencontres, tables rondes, lectures et débats, ainsi que des formats plus souples de type “palabres”, des propositions artistiques nocturnes et des récitals poétiques et musicaux.

Une attention particulière est également accordée aux jeunes publics et aux enjeux de transmission, renforçant l’ambition du festival de faire de la littérature un espace vivant de réflexion et de circulation des idées.

Au-delà des chiffres, encore limités, c’est surtout son positionnement qui attire l’attention. En quelques éditions, FLAM s’affirme comme un espace de circulation des idées et des œuvres, contribuant à structurer une scène littéraire africaine encore fragmentée. Entre ancrage local et ambition globale, Marrakech se dessine ainsi comme un point de convergence pour les littératures de l’Afrique.

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